Critique : Gebo et l'ombre

La Rédaction | 24 décembre 2012
La Rédaction | 24 décembre 2012

Manoel de Oliveira a réalisé ce film à l'âge de 103 ans, ce qui fait de lui, le doyen des réalisateurs en activité. A son âge, on a franchement plus grand-chose à prouver et il peut se permettre des partis pris risqués ô combien plaisants pour un spectateur à la recherche d'œuvre personnelle et artistique.

En effet, à travers sa mise en scène d'une cinquantaine de plans, c'est une véritable leçon de minimalisme qu'il nous donne à voir, ou comment atteindre l'essence d'un sujet de la façon la plus directe, la plus pure. De part cette mise en scène qui leur est vouée entièrement, le jeu des acteurs en est sublimé et incroyable de justesse.

Fortement inspiré du théâtre (à travers la scénographie, le placement des acteurs, l'utilisation d'un décor unique) et de la peinture (plan fixe, lumière clair obscur), Manoel de Oliveira réalise un film d'époque qui fait écho à l'actualité de son pays qui vit une crise économique et sociale sans précédent. Il pose également des questions plus existentielles : Quelle vie mener ? Peut-on être riche et honnête ? La routine tue-elle ou rend-elle heureuse ?

Magique et hypnotique, le dernier film de Manoel de Oliveira donne autant à réfléchir sur l'histoire qu'il raconte que sur la façon de faire du cinéma.

Philippe Boissier

 

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