Critique : La Corruption

Nicolas Thys | 5 décembre 2012
Nicolas Thys | 5 décembre 2012

La Corruption de Mauro Bolognini est réalisé dans une période propice aux coproductions franco-italiennes, d'où la présence au générique d'un très jeune Jacques Perrin, deux ans après La Fille à la valise de Valerio Zurlini et d'Alain Cuny, tous deux un peu rigide mais très bon. Le cinéaste n'en est plus à son coup d'essai avec plus de 10 années de carrière et près de quinze films réalisés.

Tout commence par la fin de la scolarité d'un jeune homme qui veut devenir prêtre et le discours du directeur d'une école qui classe les individus selon deux catégories. D'un côté les catholiques et de l'autre les marxistes, en mettant dans le premier camp les bourgeois. Le film ne fera que démolir cet argument liminaire, ce tiraillement entre politique et morale, qui s'effrite et s'effondrement. Le père du lycéen, grand bourgeois sans idéal qui refuse la vocation de son fils, va tout faire pour le corrompre et mettre au gout du jour toute l'horreur de son monde.

Cette critique de la bourgeoisie, en apparence assez banale, est sublimée par un excellent travail sur le noir et blanc, affrontement des ténèbres et de la lumières, et quelques séquences magistrales comme la tentative de séduction de Rosanna Schiaffino sur le bateau. Celle-ci, vue depuis un miroir, décomposée, brisée voire floue par moment s'oppose clairement aux regards caméra et à la puissance du combat père/fils qui a lieu lors de la séquence précédente.

Reste un drame intelligent et bien mis en scène mais qui ressemble à mille autres films italiens de la même époque.

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