Critique : Keep the lights on

Maryne Baillon | 24 août 2012
Maryne Baillon | 24 août 2012

Dans Keep the lights on, l'histoire d'amour tortueuse et fascinante qui lie Erik et Paul est avant tout celle de son réalisateur. Ira Sachs met son expérience personnelle au service de son quatrième long-métrage, et s'appuie sur ses blessures, ses souvenirs de joie mais aussi de peine. Le sentiment que tout ici a été vécu cerne le moindre détail. Lui, cette histoire d'amour, il l'a vécu avec Bill Clegg, un consommateur éperdu de crack. Pendant dix ans, de 1998 à 2008, se mêlent moments de tendresse, d'amour, de défonce et de souffrance. Agent littéraire devenu écrivain, Clegg a par la suite livré son récit en 2010 dans Portrait d'un fumeur de crack en jeune homme, où il relate sa dépendance, l'impression de vide dans lequel il se trouvait, et "la perte progressive de son entourage".

Dès les premières séquences qui mettent en scène la rencontre entre Erik et Paul, la volonté d'approcher la vérité à travers l'expression physique de la passion est évidente. La force du récit est de parvenir à éviter le mélodrame sur l'addiction au profit de la tendresse qui lie les deux personnages, mais aussi la culpabilité et la douleur viscérale que l'on éprouve, impuissant face à ce terrible vice. Cette réussite doit beaucoup aux acteurs incarnant Erik (Thure Lindhart) et Paul (Zachary Booth), aussi mystérieux l'un que l'autre. Lorsque les dialogues sont moindres, ils combattent savamment ce silence, nous submergeant d'émotion d'un simple regard ou d'un simple geste.

Dommage alors qu'à mesure que les années passent, sans que l'on ne comprenne vraiment pourquoi, le réalisateur laisse les sentiments doucement s'essouffler au point de créer des émotions contradictoires. Un étrange parti-pris qui laisse malheureusement le spectateur un peu trop sur sa faim.

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