Critique : Bangkok Renaissance

Laurent Pécha | 12 juin 2012
Laurent Pécha | 12 juin 2012

Nostalgique d’une période bénie (les 80’s) où dans ton cinéma de quartier, tu pouvais encore voir Jeff Speakman faire des Kata sur de la musique électro, t’extasier sur le grand écart de Van Damme ou rêver d’imiter ce blanc bec de Dudikoff en mettant ton costume de ninja que tu avais acheté au magasin de farce et attrapes du coin. Bref, toi qui considère que les premiers vrais classiques du cinéma ont tous été produits par la Cannon, le moment de se réjouir est arrivé : Bangkok renaissance sort sur nos écrans.

Oui, tu as bien lu, un film de pure tatane où le scénario est avant tout prétexte à ce que des bonhommes bien disposés se foutent sur la gueule, est disponible dans le cinéma qui est presque à côté de ta chambre. Enfin, tu vas laisser tomber ta télécommande de VCR-lecteur DVD-lecteur Blu-ray-lecteur Multimédia (raye la mention inutile) et tu vas pouvoir partager ce moment de pure poésie avec tes potes – ben ouais, dans ta piaule de 5m2, c’est pas toujours facile d’inviter tous tes compères cinéphiles -. Et tout ça tu le dois à une petite bande de français, un événement qui mérite un bon cocorico car, au fond de toi, tu es un peu franchouillard surtout à une période où les footeux tentent de te faire revivre l’été 98.  Pour faire le mec qui s’y connaît, tu replongeras dans tes Karaté Bushido un peu jaunis pour te rendre compte que Jean-Marc Minéo, le réalisateur, n’est pas le dernier des manchots. Avec ses multiples titres glanés sur les tatamis du monde entier, le monsieur a emmagasiné de quoi proposer des chorégraphies qui vont te donner envie de les tester avec ton petit frère, seul adversaire que tu as réussi à battre à ce jour. Pour sûr que tu vas aller direct dans un ascenseur pour tenter de voir si c’est vraiment possible de péter la gueule à deux mecs avec ton jeu de jambes qui doit tout à Bruce Lee.

Et comme il n’y a pas que des combats dans Bangkok renaissance, toi, le grand philosophe de la vie – tu n’as pas écouté les conseils de Mr Miyagi en boucle pour rien, tu sauras apprécier cette fameuse renaissance chez notre héros interprété par Jon Foo à qui tu réserves déjà une belle place dans ta chambre, Seagal ayant pour toi depuis longtemps un statut de bouffeur de loukoums. Et si  les grandes leçons humanistes du film ne sauront te toucher, il y aura toujours moyen de se la jouer amateur de cinéma d’auteur quand tu vanteras les mérites de la nana qui jouait chez Catherine Breillat (Caroline Ducey), surtout quand elle donnera, nue, du réconfort à ton idole.

Pas totalement conscient de la chance que tu as, tu sortiras de cette expérience forcement transformé en jurant d’entraîner tous les gens que tu connais sur terre pour aller le revoir et ainsi peut être permettre de voir la suite de ses festivités. Car, c’est comme les requins avec le sang, tu as désormais goûté au plaisir du film de bourrin old school dans une salle de cinéma et tu en redemandes !

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(2.5)

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