Critique : Ai to Makoto

Stéphane Argentin | 23 mai 2012
Stéphane Argentin | 23 mai 2012

Ce n'est plus un secret pour personne : Takashi Miike est un touche à tout. En 20 ans (pour un total improbable de presque 100 films !), il s'est déjà frotté quasiment à tous les genres. Le cinéaste nippon s'ennuyant visiblement beaucoup dans les différents registres qu'il a explorés jusque-là, il a donc décidé d'en mélanger plusieurs, à priori sans rapport entre eux, dans son dernier long-métrage.

Les deux premières scènes donnent le LA. Le film s'ouvre ainsi sur une petite BD animée (quoi de plus normal après tout puisqu'il s'agit d'une adaptation de manga) toute gentille toute mimi, suivie d'une bagarre à 1 contre 50 où le combattant solitaire se bastonne... en chantant et en dansant ! Le pugilat est stoppé net lorsqu'une charmante demoiselle s'interpose et déclame le plus sérieusement du monde : « la violence ne résout rien » dans un grand élan de théâtralité à mourir de rire (mais voulu comme tel).

Bienvenue dans For love's sake (Ai to makoto en VO), le dernier OFNI en date de Takashi Miike, un long-métrage plus assagi que ses précédents, trop diront les habitués, mais qui, associé à une réalisation elle aussi plus posée, moins chaotique, sied à merveille à son histoire, celle d'un amour impossible entre une bourgeoise de bonne famille et un rebelle. Ce qui n'empêche nullement Miike de nous servir plusieurs séquences « musclées » dont il a le secret (au hasard : des gamins ou des adolescentes qui se foutent sur la gueule, et pas qu'un peu !). Mais c'est sans doute le pendant « comédie musicale » qui risquera d'en rebuter plus d'un. La preuve, la salle cannoise qui projetait le film s'est vidée de moitié en moins d'une heure (sur les 2h15 que dure le film), à chaque fois au cours d'une séquence chantée.

Mieux vaut donc être prévenu : le dernier Miike, bien que beaucoup plus « sage » que ses précédents (le plus sage de sa filmo à date ?), n'en demeure pas moins un film ovni de part son mélange des genres dont la combinaison fonctionne néanmoins à merveille, à l'image de sa séquence finale, aussi simple que somptueuse.

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