Critique : De force

Laurent Pécha | 25 octobre 2011
Laurent Pécha | 25 octobre 2011

De Force est donc bien sorti en ce mercredi 26 octobre. On a poussé un grand ouf de soulagement à la rédaction puisque depuis plusieurs semaines, un problème de copie empêchait toutes les projections de presse du film d'avoir lieu. Heureusement, ce matin, aucun souci n'a été à déplorer lors de notre projection au megarama du coin pris d'assaut par une horde de spectateurs (2 au total en plus de votre serviteur) désireux de découvrir ce nouveau polar made in France.

Il faut dire que le casting du premier film de Frank Henry a de quoi attiser la curiosité : Isabelle Adjani face à Eric Cantona avec en soutien Anne Consigny, Simon Abkarian et Thierry Frémont. Une jolie brochette de  comédiens venue prêter main forte à un cinéaste débutant, ancienne figure du milieu parisien. Au pays où n'importe qui peut devenir réalisateur, on ne s'étonne plus de rien et tant pis si l'homme derrière la caméra ne sait absolument pas ce qu'il fait. Il a écrit le scénario (tout en ayant fait ses preuves sur Braquo et Engrenages), il connaît l'univers des gangsters et des flics, il est épaulé par des acteurs chevronnés, ça va rouler tranquille, c'est sûr ! Ah si le cinéma était un art aussi simple que ça, on en verrait constamment des bons films.

De Force est donc là pour rappeler la toute puissance de l'homme derrière la caméra. Sans le talent et la vision de ce monsieur, le risque de voir une grosse bouse est énorme. Durant 97 minutes, De Force le confirme dans ses grandes largeurs en faisant passer un épisode de l'Inspecteur Derrick pour L'Arme fatale. Avec son intrigue qui démarre véritablement au bout d'une heure, son absence totale de tension ou d'urgence, ses protagonistes qui surjouent des dialogues risibles (une séquence de dîner fêté trop bruyamment entre au panthéon des scènes les plus inutiles et ridicules vues sur un écran de cinéma depuis des lustres), les moments de grande solitude sont légions durant la projection.

Amorphe comme le récit, le spectateur guette comme un mort de faim les quelques moments qui lui permettront de tenir jusqu'au bout. Il se dit qu'Adjani fait 10 ans de moins qu'Anne Consigny, de 8 ans sa cadette. Que Cantona n'a pas le même flair pour le choix des rôles que celui qu'il avait sur les terrains de foot anglais. Qu'il aimerait bien voir la tête des producteurs et distributeurs du film quand ils ont découvert le film pour la première fois. Bref, que de pensées essentielles pour un film qui n'aurait pas du voir le jour dans un système productif sain.  

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