Critique : Zarafa

Louisa Amara | 5 février 2012
Louisa Amara | 5 février 2012

Co-écrit par Rémi Bezançon en 2001 bien avant son premier film, Ma vie en l'air, Zarafa était resté en sommeil le temps que ses auteurs s'y consacrent à nouveau à plein temps. Entre temps le projet a bien mûri et nous arrive aujourd'hui plus abouti et beau que jamais. Attention ce film d'animation a tout pour devenir culte. La beauté des paysages d'Afrique, des personnages forts, complexes et attachants, des animaux adorables ET réalistes.  C'est surtout un film très émouvant, vous avez pleuré devant Le Roi lion ? Attendez de voir Zarafa !

L'histoire, poignante, se déroule durant la traite négrière en Afrique. Maki, un enfant de 10 ans, parvient à échapper à ses ravisseurs et fait la connaissance d'une girafe bientôt orpheline, Zarafa. L'amitié indéfectible du petit garçon pour ce girafon va le mener jusqu'en France, où l'animal doit être offert au roi Charles X par le Pacha d'Egypte.  C'est un véritable road trip que nous proposent Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie. Ce dernier est un expert reconnu de l'animation, après un passage chez Disney, mais aussi sur Les Triplettes de Belleville, ou encore Kirikou et les bêtes sauvages. Il a même été primé au festival de l'animation d'Annecy pour son premier court métrage. Ce sont toutes ses influences que l'on retrouve dans Zarafa. Un concentré du meilleur de l'animation actuelle pour un scénario totalement original, rythmé, qui saura plaire autant aux enfants qu'aux adultes.

On saluera l'audace des réalisateurs qui ont choisi de rester fidèle à la 2D, alors que quasiment tous les films d'animations sortent désormais en 3D. Autre pari osé, ils abordent des thèmes difficiles, tel que l'esclavage, le racisme, le colonialisme, tout en étant subtil dans la narration. De même, il n'y a pas d'anthropomorphisme, les animaux ne parlent pas mais restent très expressifs. Ils remplacent les habituelles chansons par une magnifique musique qui vous rappellera les plus beaux airs de Lawrence d'Arabie. Dans Zarafa, rien n'a été laissé au hasard, le doublage a été soigné, chaque comédien étant totalement au service du personnage, nul risque d'y trouver les pointes très personnelles d'un Elie Semoun par exemple. Un vrai petit bijou qui ne manquera pas, on l'espère, de trouver son jeune (et moins jeune) public.

Résumé

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