Critique : Trust

Jonathan Deladerriere | 12 janvier 2012
Jonathan Deladerriere | 12 janvier 2012

Présenté en compétition lors du dernier festival du cinéma américain de Deauville, Trust et son sujet pour le moins casse-gueule, permettent de retrouver derrière la caméra, David Schwimmer, l'ex-star de la sitcom phare des 90's (Friends). 

Après un premier tiers porté par une actrice principale prometteuse et une direction d'acteurs remarquable (Clive Owen, impeccable), David Schwimmer parvient à captiver son auditoire, le noyant tête la première dans cette mélasse écœurante, décontenancée et suffocante. Loin de sombrer dans un excès de démagogie ou de pathos dégoulinant, le réalisateur s'appuie sur un script des plus documentés qu'il a lui même enrichi de son expérience (ayant rencontré de nombreuses familles ayant vécu le même genre de drame). Se faisant, il parvient à créer une réelle et sincère empathie pour ce foyer meurtri dans sa chair.

Au rythme de cette descente aux enfers, les yeux emplis de larmes et les poings serrés de colère, les quidams que nous sommes sont alors achevés par un coup de grâce en forme de clap de fin. Sans doute certains taxeront-ils le film de « pédagogique », larmoyant, ou d'un trop plein de bonnes intentions (ils n'auront d'ailleurs pas entièrement tort), toujours est-il que cette sombre histoire de prédateur tissant sa toile dans les eaux troubles du net trouvera forcément un écho grâce à son évocation d'une situation dramatiquement familière...

Un soupçon de monotonie et les grosses ficelles de la réalisation ne sont finalement que peu de choses eu égard à cette peinture sans emphase d'une famille atteinte en plein cœur. Un foyer dont le salut, une fois n'est pas coutume, ne viendra peut-être que de lui-même. Loin du « vigilante » tant apprécié par nos voisins d'outre atlantique, Trust n'a donc d'autre prétention que de dresser un état des lieux âpre mais lucide d'une société aux mille visages. Une mise en garde à conserver dans un coin dans la tête, drapé sous les oripeaux d'un bel instant de cinéma.

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(4.8)

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