Critique : Johnny English, le retour

Simon Riaux | 17 octobre 2011
Simon Riaux | 17 octobre 2011
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on accueille la venue sur nos écrans d'un nouveau Johnny English avec circonspection. Le premier épisode tenait plus de l'embarrassante blague potache que de la comédie réussie, et n'avait rien pu faire contre l'oubli relatif dans lequel s'enfonçait Rowan Atkinson. Ce nouvel opus tente à son tour d'y remédier, pas toujours avec finesse ni réussite, mais paradoxalement parvient à marquer des points grâce à ce qui passait pour sa plus évidente faiblesse : sa nostalgie.

À première vue pourtant, le visionnage de la chose s'annonce proche du calvaire. Intrigue minimaliste, rythme indécis, découpage et mise en scène pauvres, photographie baveuse à peine digne d'un téléfilm, l'écrin qu'a choisit Atkinson pour son come-back apparaît bien décrépit. Les dialogues ne nous contrediront pas, et si le casting qui les déclame est de premier ordre, les comédiens luttent parfois difficilement avec l'anémie de l'écriture. On notera toutefois les compositions outrées et réussies de Dominic West en super-agent fourbe, et de Gillian Anderson, qui à l'instar de Julianne Moore, prouve que les rousses vieillissent superbement.

On craignait que le grand Rowan Atkinson se caricature lui-même, se contente de singer les pitreries du légendaire Mr. Bean, et c'est exactement ce qu'il fait. Sauf qu'à l'heure du règne du tout puissant Apatow, et de l'hégémonie d'un certain humour geekement correct, son style suranné et radicalement différent s'impose comme un remède, de grand-mère peut-être, mais indéniablement efficace. Comique de situations, mime et grimace forment la trinité d'un rire dont il est l'un des rares ambassadeurs, et qui fait souvent mouche (voire son utilisation tout en discrétion du grappin, ou sa maîtrise du fauteuil roulant).

Si Johnny English, le retour fait figure de produit anachronique aux finitions trop légères, il dégage une nostalgie inattendue et bienvenue. On se surprend à rêver d'un long-métrage qui mettrait véritablement en valeur les talents d'Atkinson, sa créativité et l'acidité de son univers. D'ici là il n'est pas interdit de se laisser tenter par ce festival de blagues certes revues, mais jamais cyniques, et qui n'ont pas d'équivalent contemporain.

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