Chiens de paille : Critique

Laurent Pécha | 6 octobre 2011
Laurent Pécha | 6 octobre 2011

Hollywood et les remakes impossibles et improbables - Acte 78 ou un truc comme ça ! Les pontes des studios vont finir par vaincre notre résistance à voir débouler à intervalles des plus réguliers des nouvelles versions de nos chefs d'œuvre d'antan. La preuve avec ce Straw dogs, remake des Chiens de paille de Sam Peckinpah. Car, pris en l'état, le film de Rod Lurie (dont on avait beaucoup aimé il y a plus d'une décennie, Manipulations) est des plus fréquentables. Une histoire solide qui reprend quasiment à l'identique les péripéties créées par Big Sam, des acteurs convaincants, un rythme soutenu et une technique impeccable (notamment la photo). Bref, si on fait table rase du passé, on peut difficilement faire la fine bouche.

Oui, mais voilà, le  critique de cinéma a un certain devoir de mémoire et Les Chiens de paille de Peckinpah, il connaît un peu. Et même qu'il le tient comme un sacré choc cinématographique avec en point d'orgue cette scène de viol à l'ambigüité si sulfureuse. La revoir dans un cinéma d'aujourd'hui si propre sur lui, prête quelque peu à sourire puisqu'on y perd tout le sel du propos de réalisateur de Guet-apens. A ce  titre, ceux qui auront tendance à cligner des yeux rateront sûrement le minuscule et furtif rictus de plaisir de Kate Bosworth. Un constat qui montre à quel point Straw dogs est une version Canada Dry* du film de Peckinpah. La réflexion du cinéaste sur la violence et la manière dont elle se propage est incroyablement plus simpliste et linéaire dans ce remake à l'image d'un final, certes efficace, mais qui ressemble à n'importe lequel des « home invasion movies » que l'on voit débouler régulièrement.

 

 

Reconnaissons toutefois à Rod Lurie et ses comédiens de tenter de donner le change à l'image de James Woods, effrayant, en vieux coach hargneux et respecté de tous. On apprécie également la jolie transposition du récit de la campagne anglaise à la petite ville du sud des USA qui vit au rythme de son équipe de football et l'opposition de style entre James Marsden et Alexander Skarsgård, bien plus dans un combat de coq pour les beaux yeux de Kate Bosworth que leurs devanciers de 1971.

 

 

Au jeu de la comparaison, malgré un réel effort, le remake, comme prévu, fait bien pâle figure comme ce fut déjà le cas en 1994 avec la précédente relecture d'une œuvre de Peckinpah (Guet-apens). A l'heure où l'ombre du remake de La Horde sauvage se fait de plus en plus pressante, on a surtout envie de lâcher un « Apportez-nous la tête des exécutifs hollywoodiens ? »

* Le slogan de cette célèbre marque de boisson dans les années 80 était : « Ça ressemble à l'alcool, c'est doré comme l'alcool... mais ce n'est pas de l'alcool »

 

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