Critique : The Moth diaries

A supprimer | 8 septembre 2011
A supprimer | 8 septembre 2011

La dernière fois que Mary Harron a adapté un livre, c’était American Psycho de Brett Easton Ellis, avec Christian Bale en golden boy psychopathe. Autant dire que la cinéaste avait loupé l’occasion d’être propulsée dans le cercle trop restreint des femmes réalisatrices américaines de renom. Un mauvais biopic de la playmate Bettie Page et quelques épisodes de séries plus tard, Harron a visiblement succombé à la triste vague des néo-teen movies fadasses et tape à l’œil qui suivent le courant de Twilight. Le dernier en date, justement, était réalisé par Catherine Hardwicke, qui s’est joliment planté avec sa relecture du Chaperon Rouge entre le kitsch amusant et le ridicule navrant. The moth diaries est dans la même veine et rappelle tout un tas de ratages récents. Un Jennifer’s body sans second degré, un The Woods sans affrontement artistique avec le studio, un Dario Argento à peine grandiloquent. Un film d’une ringardise aberrante.

La mystérieuse nouvelle venue, dont le visage de porcelaine tire continuellement la tronche, ensorcelle la meilleure amie de l’héroïne – son faux air de Meredith Grey aurait du servir d’avertissement – qui passe la moitié du temps à écrire en voix-off le sous-texte du film dans son journal, et rêve régulièrement en sépia surexposé. En vrac, il y a aussi une vieille photo à la Shining, des séquences en faux-vieux film noir et blanc, des meurtres suspects que seule l’héroïne rattache à l’être démoniaque, et une séquence de Guitar Hero. Non seulement la totalité des archétypes du film de genre bas de gamme est répétée à outrance sans le moindre effort, mais le film parvient à rendre ridicule absolument tout ce qu’il touche.

Jamais un pensionnant de jeunes filles n’avait paru si con, rarement des dialogues avaient fait preuve d’autant de simplisme, et Lily Cole n’avait pas encore été si hideusement bizarre. Les péripéties s’enchaînent sans aucune énergie, les lectures métaphoriques – homosexualité, anorexie – sont balayées, jusqu’à une conclusion fatale, ultime preuve que, finalement, personne n’y croyait vraiment. Voir un film de ce calibre, visiblement sorti d’une rétro-photocopieuse avant de filer en roue libre totale, relève d’un exercice terrible.

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