Critique : Sal

A supprimer | 5 septembre 2011
A supprimer | 5 septembre 2011

Ceux qui ne saisissaient toujours pas l’engouement autour James Franco depuis Freaks & Geeks – un peu plus fade à chaque nouveau film, et ce n’est pas Votre Majesté qui y changera quoi que ce soit – ne pensaient pas être capables d’aller plus bas que 127 heures et La Planète des Singes : les origines. C’était sans compter sur les aspirations créatrices du comédien, déjà réalisateur de cinq longs-métrages fauchés restés confidentiels. Ce qui ne risque vraisemblablement pas de changer.

 Sal est la réponse à un projet avorté il y a quelques mois, et qui devait offrir pendant la Biennale de Venise – pas celle sur le cinéma, l’autre - une installation en hommage à James Dean. Visiblement fasciné par l’icône depuis qu’il a tenu son rôle dans un téléfilm qui lança sa carrière il y a dix ans, James Franco s’intéresse ici à Sal Mineo, acteur inconnu dont la carrière a été justement lancée par un second rôle dans La fureur de vivre. Ce biopic sous forme de projet arty, filmé en une dizaine de jours avec un casting inconnu, se veut comme l’antithèse de son penchant Hollywoodien qui râtisse les légendes de la chanson depuis quelques années. En soi, l’idée est belle, notamment parce qu’elle creuse le mythe d’un acteur méconnu malgré deux nominations aux Oscars – dont la première à 16 ans – et une homosexualité avouée à une époque encore plus frileuse. Concrètement, par contre, c’est d’une prétention et d’un ennui profonds. 

Le film suit les dernières heures de la vie de l’acteur, poignardé pour d’obscures raisons un soir en rentrant chez lui. Cette journée tragiquement banale suit alors ses déambulations en voiture, et aligne une suite de scènes d’une platitude flagrante. Sal à la muscu, en pleine performance huileuse digne d’un mauvais porno gay ; Sal en voiture, à raconter des blagues à son meilleur pote ; Sal à la piscine, avec son meilleur « pote » ; Sal en répétition interminable sur une scène de théâtre. James Franco lorgne ouvertement du côté expérimental de Gus Van Sant mais en dehors d’une flopée d’artifices arty, il a oublié que l’essentiel du cinéma du réalisateur de Milk repose sur une contemplation en accord avec une sensibilité à fleur de peau. Difficile d’attacher un quelconque intérêt à cette entité irréelle et hermétique – rien n’est dit ou compris sur lui pendant - plus proche des mauvais moments de Last days que des éclairs de génie de Gerry. Il semble en plus évident que James Franco soit conscient du dilettantisme douteux qui surplombe ses choix de carrière, entre grosses machines hollywoodiennes et excursions intello-arty. Malgré les apparences, réalisateur expérimental underground, ça ne s’improvise pas, et James Franco se ridiculise.

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