Blue valentine : Critique

Stéphane Argentin | 10 juin 2011 - MAJ : 20/02/2020 14:08
Stéphane Argentin | 10 juin 2011 - MAJ : 20/02/2020 14:08

Présenté pour la première fois dans l'antre du ciné indé, à savoir le mythique Festival de Sundance, en janvier 2010 (où il dut s'incliner face au beaucoup plus roots Winter's bone, récompensé du Grand Prix du Jury), puis à Cannes de la même année, Blue Valentine aura donc mis, une fois n'est pas coutume, plus d'un an avant de débarquer dans les salles obscures de France et de Navarre à l'occasion d'une sortie en catimini (50 copies annoncées dans tout l'Hexagone), le confinant de facto à un public pour le moins restreint. 

Dommage pour un film aussi délicat et brillant qui traite du sujet universel et intemporel qu'est la désagrégation du couple. Trop classique nous direz-vous ? Mille fois vu, revu et rabâché au cinoche ? Certes mais lorsque le tout est écrit, interprété et filmé avec la maestria à fleur de peau d'un Blue Valentine, il serait bon d'y regarder à deux fois.

Les membres de la célébrissime MPAA (la commission de classification des films aux États-Unis, équivalent en quelque sorte de notre CSA national) auront d'ailleurs dû eux-aussi y regarder à deux fois mais pas pour les mêmes raisons. En cause : la scène climax du film (dont nous tairons bien entendu la nature) jugée un peu trop « extrême » aux yeux des censeurs et qui faillit entrainer la classification NC-17 de Blue Valentine Outre-Atlantique (classification attribuée aux films « adultes ») avant de se voir finalement accordé un classement « R ». Les âmes bien pensantes auraient sans doute préféré voir le différent conjugal se régler devant un tribunal bien propret ou encore en se balançant injures et vaisselles à la gueule mais ce n'est pas vraiment la solution retenue par le film qui, in fine, opte sans doute pour la plus difficile qui soit : celle de l'ultime chance que décide de s'accorder ce couple en pleine rupture.

 

photo, Michelle Williams, Ryan Gosling

 

Sur le papier, le principe est bête comme chou : remontée aux origines de la rencontre puis proposer différents instantanés de la vie du couple pour tenter de comprendre le pourquoi du comment de la situation à priori inextricable dans laquelle se trouve à présent Dean et Cindy (le duo Ryan Gosling - Michelle Williams, fulgurant). L'histoire débute presque comme une énième comédie romantique à l'eau de rose mais bien vite l'intensité mélodramatique prend le dessus et ira alors crescendo avant de culminer au cours de la séquence finale susnommée.

Écrite, filmée et interprétée avec une incroyable justesse, cette narration chronologique permet dès lors de s'identifier sans la moindre difficulté aussi bien aux différentes situations qu'au couple en lui-même qui passe donc ainsi de façon aussi progressive qu'inéluctable de l'amour fou à la haine la plus extrême. Pour preuve de cette identification, outre les critiques élogieuses, la standing ovation à l'issue de la présentation officielle du film à Cannes (nous y étions et pouvons en attester). Preuve en est que, lorsqu'il est traité avec un tel brio, le thème à priori archi classique du couple en crise a encore de beau jour devant lui au cinéma. En dépit de sa sortie riquiqui en France, le public décidera-t-il d'accorder sa chance à ce petit bijou mélodramatique qu'est Blue Valentine ?

 

Affiche officielle

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