Beginners : Critique

Louisa Amara | 15 juin 2011
Louisa Amara | 15 juin 2011

Parfois le pitch d'un film suffit à susciter la curiosité ou tout du moins l'étonnement. C'est clairement le cas avec Beginners. On oublie trop souvent que c'est grâce à ces quelques lignes de résumé du scénario, que les réalisateurs arrivent (ou pas) à convaincre des producteurs. Qu'ont-ils imaginé en acceptant de donner carte blanche à cet artiste sincère qu'est Mike Mills ? Qu'il saurait donner une aura arty à son film, et que cela suffirait à combler le manque de rythme, les creux du scénario, où il ne se passe tout simplement rien à l'écran ?  

 

 

On aimerait tellement que ça marche. S'inspirant d'un drame personnel, la mort de son père, qui avait véritablement révélé son homosexualité quelques années avant sa mort, le réalisateur perd de vue le spectateur. Il nous montre son univers sans vraiment parvenir à nous y faire entrer. Certains s'identifieront au héros et tenteront de ne pas perdre le fil, mais beaucoup perdront patience avant.  Ainsi, Mike Mills adore énumérer des listes interminables, comparant notamment le monde de ses parents, en 1955, et le sien en 2003. Ce type de séquences pourrait être adapté aux clips de Air, Pulp, ou bien d'autres, qu'il a réalisés. Sur 1h45 ça ne fonctionne pas, surtout sans l'humour de Stephen Frears, par exemple, qui faisait aussi des listes dans High Fidelity.

 

 

Il finit donc par se lancer dans un récit à 2 tiroirs : les années précédents la mort de son père suite à un cancer, et les années suivantes où il rencontre Anna. Heureusement qu'Anna arrive dans sa vie, pour nous sortir de notre torpeur ! Mélanie Laurent apporte tout son charme et sa fraicheur à ce personnage fragile et enjoué, dont les contours ne sont pas clairs. Le couple qu'elle forme avec Ewan McGregor est l'atout essentiel du film. Dès qu'on en sort, on revient aux  ennuyants monologues intello récités par Ewan McGregor, qui fait pourtant de son mieux pour jouer ce héros inspiré du réalisateur.

Ça fonctionne beaucoup mieux quand Woody Allen écrit ce type de rôle pour Owen Wilson dans Midnight in Paris. D'abord parce qu'il développe ses personnages, ensuite parce qu'il y a une véritable direction d'acteurs, et à défaut de jolis dessins  comme ici, un dessein précis. Beginners est finalement un film qui devrait être projeté dans un musée tant il s'agit plutôt d'une œuvre expérimentale artistique que d'un film à proprement parler.

 

Résumé

Lecteurs

(3.3)

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commentaires

Andarioch
22/08/2018 à 19:52

Peu dire que je ne partage pas votre point de vue. Question de sensibilité j'imagine (et pas de sensiblerie, je précise).
Après, c'est comme le café. Certains l'aiment sucré. Perso je le préfère amer.
Et ce film c'est ça. Un goût qui ne convient pas à tout le monde.
Charmé du début à la fin

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