Limitless : critique Omnislash

Paul Béranger | 29 mai 2017 - MAJ : 03/09/2019 18:23
Paul Béranger | 29 mai 2017 - MAJ : 03/09/2019 18:23

Limitless repasse ce soir sur NRJ 12 à 21h05

Parmi tous les films qui proposent une réécriture du mythe de Prométhée (on pense notamment au Frankenstein de Kenneth Branagh, Blade Runner de Ridley Scott voire Bienvenue à Gattaca de Andrew Niccol), Limitless, adapté du roman de science-fiction « The Dark Fields » de Alan Glynn, a sans aucun doute, une place légitime dans cette catégorie. Sauf que, Prométhée est ici un écrivain paumé en manque d'inspiration et l'apport de la Connaissance est symbolisé, non pas par le feu, mais par une pilule.

BURGER SANS STEAK

À la sortie de la projection, on a un sentiment de gâchis. Car l'histoire est pourtant passionnante : il est question d'ascension sociale, de rapports de force et surtout de ce concept de trans-humanisme, cette capacité d'établir l'homme dans une autre idée, celle de l'infini. C'est l' « humanité augmentée » : les compétences de l'être humain ne cessent de s'améliorer grâce à des outils, aux progrès de la technologie (la fameuse pilule). Bref, autant de thèmes complexes, dont le réalisateur Neil Burger n'a pas su tirer le meilleur.

 

LimitlessBradley Cooper

 

Malgré une mise en scène qui s'accorde bien avec l'esprit du film et un véritable souci d'esthétique (les séquences où le héros est sous l'impulsion de la drogue sont éclairées différemment et les mouvements de la caméra deviennent plus fluides), la proposition dramatique du film n'est pas mise en valeur. Le spectateur se perd dans les sous-intrigues parallèles, comme l'aventure romantique du protagoniste avec son ex ou encore ses petites altercations avec un gang russe. Au lieu de respecter le ton du livre, Neil Burger mixe les genres et c'est ce qui fait du mal à Limitless.

 

Image 555431Excusez moi, c'est vous le récit ?

 

MERCI BRADLEY

Le film doit cependant beaucoup de son petit charme à la performance impeccable de ses acteurs. Bradley Cooper prouve qu'il possède les qualités pour tenir un rôle d'une telle envergure. Il est d'une énergie, d'une présence et surtout d'un charisme bluffant. Si Very Bad Trip  l'a propulsé sous les feux des projecteurs, Limitless le met au niveau de la star.

Quant à Robert De Niro, il excelle dans la peau d'un magnat de la finance, après s'être perdu dans des navets comme le tout récent Stone. La scène made in Hollywood du face à face entre le prétentieux Cooper et le patron De Niro, métaphoriquement la confrontation entre père et fils, reste de loin le meilleur moment d'un film malheureusement bien mineur.

 

Image 546356

Résumé

Malgré un concept potentiellement ludique et producteur d'effets de sens, Limitless s'englue dans des sous-intrigues peu intéressantes et dilue ce qui pouvait faire son sel. Heureusement, les acteurs rattrapent un peu le coup.

commentaires

Den the gun
30/05/2018 à 07:08

Tout à fait d'accord.
Mais la prestation de Bradley Cooper justifie à elle seule le visionage du film.

votre commentaire