Critique : Bonsaï

Simon Riaux | 15 mai 2011
Simon Riaux | 15 mai 2011
C'est un fait bien connu des festivaliers de France et de Navarre, il est des films dont on sait trop peu pour être franchement excité à la perspective de le découvrir. Bonsaì est de ceux-là, et rejoint dès ses premières images une seconde catégorie, bien moins excitante celle-là : les films ne cachant en rien leur sincère volonté d'emmerder le spectateur, dès les premières images. Une fois le diagnostic établi, s'impose l'évidence de développer une stratégie d'évitement, histoire de se préserver un minimum.

« À la fin de ce film, Emilia meurt et Julio se retrouve peu. En réalité, Julio était déjà seul depuis des années avant la mort d'Emilia. Mais ce qui importe, c'est qu'à la fin, Emilia meurt et que Julio lui ne meurt pas. Julio vit et Emilia elle ne vit pas. Le reste n'est que fiction. »

Quand un long-métrage début de la sorte, en débitant ces tristes phrases pompeuses sur des images fixes de plantes vertes, il est plus sage de quitter la salle. Si comme votre serviteur, vous êtes bêtement installé au beau milieu d'une rangée bondée de fans hardcore de pensums poussifs, n'y comptez pas. Surtout, sachez qu'il est inutile de paniquer, vos soubresauts d'angoisse pourraient être interprétés comme autant de signes d'enthousiasme devant une oeuvre résolument pertinente, et déclencher un maelström d'applaudissements frénétiques, des plus dommageables pour vos tympans.

Préférez la posture du journaliste hype, adepte de Twitter, et balancez sans vergogne votre aigreur, somme toute bien légitime, entre deux parties de Worms acharnées. N'oubliez toutefois pas de jeter un coup d'oeil à l'écran toutes les douze minutes environ. Car tout film d'une lenteur excessive se doit d'avoir une gentille tripotée de scènes de sexe, au moins pour calmer les ardeurs syndicales des techniciens excédés par le tournage. Ne vous y trompez pas et savourez donc ces séquences, dans lesquelles les auteurs abandonnent singulièrement leurs tics de mise en scène.

Et Bonsaì dans tout ça ? Rien de bien folichon. De bons comédiens, quelques idées intéressantes, parfois d'une grande intelligence, mais en quantité juste suffisante pour faire un très bon moyen métrage. On regrettera que ces qualités soient annihilées par un réalisateur qui confond trop souvent lenteur et subtilité, hermétisme et profondeur.

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