Source Code : speed critique

Tonton BDM | 19 mai 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:46
Tonton BDM | 19 mai 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:46

Si vous aimez les trains, les explosions, la science-fiction et les bons acteurs, c'est pour vous : Source Code, de Duncan Jones (Warcraft, le commencement, Moon), où Jake Gyllenhaal tente de sauver un train dans une affaire à la Un jour sans fin.

TRAIN TRAIN QUOTIDIEN

Source Code s'articule autour d'un succédané de voyage temporel en forme de succédané testotéroné d'Un jour sans fin. Condamné à revivre les huit minutes précédent un attentat ferroviaire d'une rare violence, notre héros va tenter de résoudre l'énigme qui s'offre à lui, tout en comprenant pourquoi cette mission lui est tombée sur le museau et comment en sortir vivant. Aux commandes, Duncan Jones jouit d'un budget bien plus conséquent que sur son sympathique et minimaliste Moon, ce qui lui permet de ne pas se priver de barder son récit de quelques saillies pyrotechniques toujours spectaculaires et le plus souvent bienvenues.

Mais Jones ne se contente pas ici de céder aux sirènes du tout spectaculaire, bien au contraire. On sent le cinéaste désireux d'investir tout un pan de références issues du Nouvel Hollywood et d'une certaine science-fiction. Derrière la patine de divertissement rythmé et grand-public (que le montage assume et tient de bout en bout) on devine que l'intrigue souhaite surtout nous immerger dans un récit paranoïde, qui ne laissera pas indemnes ses personnages. On pense bien sûr à des chefs d'œuvres tels qu'Abattoir 5 ou La jetée, mais également, dans l'esprit, à des films tels que Le mystère Andromède, ou encore Capricorn One. Et c'est sans doute dans les comparaisons qu'il génère (à son corps défendant sans doute !) que le film de Duncan Jones atteint ses limites.

 

photoFraude de haut vol

 

UN DERNIER RAIL POUR LA ROUTE

Car si le film s'avère réellement captivant et mis en scène sans le moindre temps mort, si Jake Gyllenhaal est très convaincant et Michelle Monaghan toujours juste, si la répétition des « huit minutes » se fait sans la moindre redondance ou sentiment de lassitude pour le spectateur, le film semble progressivement redouter la conclusion à laquelle le destinent certaines de ses thématiques, tout comme on le sent se dérrober, justement quand le scénario se devait d'épouser une certaine noirceur. En effet, alors que l'intrigue est parvenue, dans un temps record, à se jouer de notre suspension d'incrédulité pour donner vie à un univers technoïde assez pervers, Source Code se dérobe.

 

photoAttention chérie, ça va brûler

 

Après avoir installé une atmosphère nerveuse et dépressive, le film effectue une double pirouette arrière pour nous emmener  vers un happy end bien trop forcé. En l'état, il est facile de sentir combien la pression du studio a dû être grande pour que ce bon Jake Gyllenhaal ne finisse pas en pâté, ou ne se fasse pas griller le cerveau, afin de ne pas s'aliéner un public dont on suppose toujours qu'il est allergique à la gravité. Le résultat final n'en est que plus léger et anodin, en dépit de sa maîtrise. Voilà qui ne s'avère jamais déplaisant, mais ne parvien tjamais à toucher au coeur. Avec ses airs de petits malins exploitant rigoureusement de bonnes idées sans affronter frontalement le système Hollywoodien, Duncan Jones ne serait-il pas en train de se construire une filmo à la Michael Crichton ?

 

Affiche française

Résumé

On pourra regretter que Source Code n'assume pas jusqu'au bout la noirceur et la tension qui le soutendent, mais le film de Duncan Jones demeure un honnête divertissement, aux références plutôt délectables.

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commentaires

maxleresistant
19/05/2020 à 19:28

J'espère que Duncan Jones nous refera des films de ce niveau ou de Moon.
Pas compris ce qu'il a fait avec Mute...

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