Ma part du gâteau : Critique

Louisa Amara | 15 mars 2011
Louisa Amara | 15 mars 2011

Respectant son rythme habituel d'un film tous les  2 à 3 ans, Cédric Klapisch revient après Paris qui n'avait pas satisfait tout le monde, aussi bien côté public que critique. Peut-être parce qu'on attend désormais beaucoup (trop ?) de lui puisqu'à 49 ans il a déjà signé des films devenus cultes, tels que Le Péril jeune ou L'Auberge espagnole.

L'étiquette réalisateur de films chorale lui collant à la peau, Klapisch décide cette fois de se concentrer sur une histoire simple avec deux personnages principaux incarnant deux mondes qui s'affrontent, la haute finance par Steve (Gilles Lellouche) et le monde ouvrier par France (Karin Viard), oui c'est une métaphore de LA France. Livré comme ça, le pitch semble accumuler les caricatures mais le réalisateur  veut justement montrer que nous vivons dans un monde difficile où les caricatures du bien et du mal, des riches et des pauvres, coexistent au quotidien. Soit, heureusement qu'il est toujours aussi doué pour les dialogues et les scènes de comédie pure pour donner un peu de légèreté à tout ça !

 

 

Pour faire vivre cette histoire, où la maman d'origine modeste rencontre le riche trader et vit un petit conte de fées, tout en gardant les pieds sur terre, il fallait des comédiens suffisamment doués pour porter le film. Le rôle a été écrit sur mesure pour Karin Viard, elle y exprime tout son talent, aussi douée pour la comédie que pour le drame, sachant passer du style prisunic au glamour le plus chic, elle est lumineuse. Face à elle, pendant un temps, Cédric Klapisch a songé à Vincent Cassel,  mais il lui fallait un acteur sachant être « atrocement charmant ». Il a donc choisi Gilles Lellouche, qu'il avait déjà dirigé dans Paris. Qui de mieux que Gilles Lellouche pour incarner, le charme viril, la classe, mais aussi une certaine arrogance, sans pour autant se faire détester du public ? Ce point d'équilibre, entre vraie méchanceté et sensibilité cachée, ce brillant comédien a su une fois de plus le trouver.

 

 

Toujours intéressé par les crises sociales, le quotidien des gens, Klapisch pousse son système jusqu'au bout et déstabilise finalement ses spectateurs en choisissant de faire de son film un « anti-Pretty Woman ». Sans vous révéler les rebondissements du film, on en ressort surpris à l'image d'une fin brutale où l'on n'a pas toujours la réponse à nos questions, où tout ne finit pas toujours par un happy end. Ce sera certainement son film le plus déroutant.  On reste donc un peu sur notre faim sans pour autant oublier que l'on vient de passer un bon moment de comédie humaine en compagnie de deux grands acteurs. On n'en a pas autant chaque semaine en salles.

 

 

 

Résumé

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