Largo Winch 2 : critique moins riche

La Rédaction | 23 juillet 2017 - MAJ : 01/08/2018 10:23
La Rédaction | 23 juillet 2017 - MAJ : 01/08/2018 10:23

Fin 2008, Jérôme Salle avait surpris en bien en adaptant à l'écran les aventures « bédéesques » de Largo Winch, milliardaire philanthrope malgré lui sorti tout droit de l'imagination de Jean Van Hamme (Thorgal, XIII). Si Largo Winch premier du nom pêchait parfois par un manque de souffle et quelques trahisons scénaristiques pas toujours très heureuses, le film respectait la tonalité du médium d'origine. Le potentiel hautement séducteur de la BD consistait à vulgariser les pratiques de la haute finance en vigueur dans les multinationales pour les mixer dans des intrigues à haute teneur en machinations, empoignades spectaculaires et jolies filles. Un peu comme si Richard Branson réveillait le James Bond sommeillant en lui. En outre, Tomer Sisley se révéla être une bonne pioche dans le rôle-titre de par son potentiel à osciller entre animalité physique et fragilité intérieure ; un potentiel, hélas, pas exploité à son maximum.

W OU LE SOUVENIR DU PASSE

Le film démarre par une décision culottée de Largo Winch : vendre le groupe W, l'empire créé par son père, afin de financer la plus grande fondation humanitaire jamais mise sur pied. Mais le jour de la signature de l'acte de vente, Largo se retrouve inculpé par une cour pénale internationale de complicité de crime contre l'humanité. Débute alors une quête pour prouver son innocence qui le conduira jusqu'en Birmanie pour faire face à des fantômes du passé.

Le point de départ très idéaliste de Largo Winch 2 peut légitimement prêter à sourire. Mais, après tout, la fiction peut s'accommoder d'énormes invraisemblances pour peu que le spectacle suive. En cela, Jérôme Salle semble avoir pris conscience des faiblesses du premier volet. Le mot d'ordre a été d'améliorer la franchise naissante en y injectant nettement plus d'action et de pyrotechnie. A sa façon, il tient parole et cela se voit sur l'écran. Largo Winch 2 surpasse-t-il cependant le premier film ? Rien n'est moins sûr.

 

Sharon StoneSharon Stone

 

La volonté d'en donner pour le prix du ticket est bien réelle. Il s'agit bien d'un trait que l'on a toujours loué chez Salle : le souci de donner à ses films une patine cinéma en sachant poser une ambiance, un côté atmosphérique prompt à s'épanouir sur une toile. En cela, Largo Winch 2 contient à nouveau son lot de plans léchés grâce à une solide direction artistique. Néanmoins, ce désir de « faire cinéma » le conduit parfois à des hommages grossiers. On pense à Sueurs froides ou encore à la mise en scène « à la Greengrass » dans l'action sans la maîtrise de l'espace de ce dernier.

Ensuite, cette orientation dans l'action se fait au détriment des personnages les plus intéressants : exit la figure tutélaire fascinante de Nerio Winch incarnée par l'excellent Predrag 'Miki' Manojlovic ou encore Freddy, l'ange gardien trouble de Largo. Comme si cela n'était pas suffisant, Largo Winch 2 doit gérer le problème Sharon Stone. Dans la peau d'une procureure à l'affut de criminels en col blanc, l'actrice américaine se livre à un numéro de cabotinage qui laisse souvent bouche bée. Attifée dans des toilettes aussi fashion que vulgaires, elle ne se départ jamais d'un côté MILF qui porte préjudice à son rôle.

 

Ah, la Birmanie

 

Heureusement, les défauts lourds relevés plus hauts s'équilibrent à peu près avec des qualités dans les mêmes catégories : on notera un pugilat entre Largo et des mercenaires dans une chambre d'hôtel particulièrement bien chorégraphié et une efficacité comique du côté de Gauthier et Simon Ovronnaz, les acolytes de Largo.

Alexandra Lecoultre

 

 

Résumé

Largo Winch 2, film montagne russe dans lequel le bon côtoie le mauvais. Croisons les doigts pour qu'une hypothétique troisième partie synthétise le meilleur des deux précédents épisodes.

commentaires

trashyboy
24/07/2018 à 10:31

Et ce clin d’œil à peine masqué à Basic instinct...

the défenders
24/07/2018 à 09:34

tomer sisley vraiment nul cet acteur !!!

Pseudo1
24/07/2018 à 02:32

Un brin en-deça du 1, mais ça reste une jolie réussite selon moi. Et sérieux, cette séquence dans les airs !! (réalisée réellement en chute libre, pour rappel !)

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