Critique : Stretch

La Rédaction | 12 janvier 2011
La Rédaction | 12 janvier 2011
Stretch, parce que la ligne d’arriver semble s’étendre au fur et à mesure qu’on s’en rapproche. C’est l’une des explications du choix de titre de Charles de Meaux, lui-même ancien jockey, qui décide de faire de ce sport le thème central de son film. Christophe (Nicolas Cazalé) est obsédé par le succès et avide de reconnaissance. Il se retrouve sur la touche pendant six mois après avoir été contrôlé positif à l’issue d’une course. Désespéré, il s’envole pour Macao, où les règles des courses sont beaucoup plus floues si l’on considère qu’il en demeure. Là bas, les victoires se succèdent et le jeune athlète devient rapidement la mascotte d’un univers gangrené par les réseaux mafieux. Il atteint le succès tant espéré, mais la victoire a un coût : celui de son intégrité physique et morale.

Le milieu des jockeys est un thème rarement exploité dans le cinéma. Avec Stretch, on découvre la réalité de ces athlètes, les contraintes que la discipline impose quotidiennement. Sans oublier les revenus que les courses laissent entrevoir. Charles de Meaux lève le voile sur la corruption inhérente à l’univers du jeu et des paris, surtout du côté de Macao. Il s’empare de son sujet, adoptant le point de vue subjectif d’un jeune sportif fougueux qui rêve de devenir « une star ». Il repose sa narration sur des échanges entre Christophe et son camarade, interprété par l’excellent Nicolas Duvauchelle, à partir de messages interposés laissés sur répondeur. Au lieu de structurer le film et de rythmer la narration, l’utilisation systématique de la voix-off laisse entendre que les images ne se suffisent pas à elles-mêmes. Qu’il est besoin d’expliciter chaque événement.

Le spectateur se perd dans un scénario un peu brouillon qui dilue son propos. On ne sait plus de quoi on nous parle. D’une relation d’amour interdite entre un jockey et une chinoise de mèche avec la pègre ? D’un homme « incorruptible » forcé de payer pour son succès ? Le public, peu hébété par une sur-verbalisation de l’implicite, ne suit plus le personnage. Cela dit, le film a le mérite de tenter quelque chose, tant sur le fond que sur la forme, et la musique de Devendra Banhart vient transcender l’atmosphère éthérée du film. Sans oublier que Stretch est la dernière occasion de voir David Carradine à l’écran.

Laure Beaudonnet

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