Critique : Animaux et cie

Simon Riaux | 7 février 2011
Simon Riaux | 7 février 2011
Dire qu'Animaux et cie n'est pas une franche réussite est un euphémisme périlleux, mieux vaut parler de catastrophe industrielle. Mais comment un film d'animation plein de gentilles bêtes en 3D, probablement coloré et chatoyant, pétri d'humour, peut-il déclencher une telle hostilité ?

Holger Tappe et Reinhardt Klooss avaient déjà sévi avec Les aventures d'Impy le dinosaure et sa suite de triste mémoire, capable de rendre épileptique un enfant aveugle. Si l'animation d'Animaux et cie est de meilleure facture, elle demeure encore extrêmement rigide, les images comme les décors sont pauvres, quant à la 3D, elle ferait passer celle du Choc des titans pour un sommet de maîtrise technique. Difficile de rentrer dans ce récit d'aventures en étant habitué aux graphismes fins et riches des derniers Pixar ou Disney. Hélas, les personnages sont à l'avenant, tous manquent cruellement de caractère et affichent des symptômes de débilité alarmante. En fait c'est là que le bas blesse, on pardonnerait aisément au film ses lacunes techniques s'il nous proposait une histoire et des personnages divertissants, mais il n'en est rien. Entre le diable de Tasmanie pétomane et le lion végétarien neurasthénique, dur de s'attacher. Seul surnage un coq franchouillard et chauvin doublé par Yves Lecoq en Français, qui fait sourire de temps à autre.

Cependant, le film a un mérite, ou plutôt une particularité étonnante, celle d'être la première oeuvre à déclencher chez le spectateur une profonde envie de détruire et souiller tout ce qui ressemble à un écosystème. Le propos écologiste tenu tout le long atteint un tel niveau de manichéisme, de simplification et in fine de bêtise, qu'il est impossible d'y adhérer. Le côté belligérant du discours en devient dérangeant, d'autant plus qu'il est parasité par un running gag totalement incohérent (l'un des personnages, victime de la pollution, passe son temps à boire des canettes de soda avant de les jeter au visage de ses compagnons).

Au final, on ressort du film avec le désagréable sentiment d'avoir été pris pour un imbécile, les oreilles encore abasourdies par le doublage hystérique d'Elie Semoun. Si vous voulez vous faire une toile avec vos enfants, évitez Animaux et cie, emmenez-les plutôt à la chasse.

Résumé

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(0.0)

Votre note ?

commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire