Critique : Nous sommes la nuit

Simon Riaux | 27 décembre 2010
Simon Riaux | 27 décembre 2010

Si vous n'en pouvez plus des vampires fardés comme des Ferrari de contrebande, des gamines qui se pâment au premier croc venu et des loups-garous curieusement imberbes, Nous sommes la nuit devrait vous redonner des couleurs en cette saison hivernale. Ici, point de tourments adolescents ou de suceurs de sang torturés par les vertiges de l'immortalité. Il est question de Lena (Karoline Herfurth, électrique), jeune allemande perdue et rebelle, vivant de petits larcins, dont l'existence prend un tour inattendu alors qu'elle rencontre un trio de maîtresses vampires déjantées et décomplexées. Les saigneuses ne tarderont à faire d'elle l'une des leurs, emmenées par Louise, grande prêtresse puissante et sensuelle, qui voit en sa jeune apprentie la pureté de celle qui la forma jadis.

Le film démarre sur les chapeaux de roues, pour ne plus s'arrêter jusqu'à sa conclusion. Pas le temps de s'épancher sur les souffrances supposées des immortelles, non, Louise, Charlotte et Nora veulent s'éclater, se saouler d'hémoglobine, jouir de tout et par tous les moyens. Cette vision du vampire est simplement rafraichissante en ces temps de mélancolie existentielle, Dennis Gansel (La Vague) nous montre enfin les suceurs de sang que nous attendions: furieux, sanguinaires et fascinants. Les séquences s'enchaînent en un jeu de massacre ambitieux et maîtrisé, rythmé par une techno brutale qui emporte et galvanise le spectateur. L'univers du film est cohérent, pertinent et a le mérite d'afficher un girl power déviant totalement réjouissant tout en mettant un sacré coup de pied dans la fourmilière d'un féminisme rance et sectaire. Ces deux aspects ne se parasitent jamais, mais se répondent et enrichissent cette oeuvre à l'écriture efficace, évitant les écueils du simplisme et du verbiage. Qu'on se le dise, immortelle ou pas, la vampirette de 2010 trouve toujours son bonheur dans le mâle.

Malgré un personnage de flic blondinet trop fade et quelques faiblesses du côté des effets spéciaux, l'énergie de l'ensemble est communicative et force le respect. Il est trop rare de nos jours de voir débouler sur les écrans une série B musclée, sincère et irrésistiblement cool pour bouder celle-ci. Si vous avez dans votre entourage des victimes de Twilight, attrapez les malheureux par le colbac et faites-leur découvrir Nous sommes la nuit. Résultats garantis.

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