Critique : Rubber

Vincent Julé | 9 novembre 2010
Vincent Julé | 9 novembre 2010

No reason or No sense ? C'est la question qui se pose dès les premières images de Rubber, qui cassent le quatrième mur et prennent à partie le spectateur, du film comme de la salle. Après, bien sûr, qu'une voiture de police ait renversé des chaises en plein désert ! o_0 Ainsi, un shérif sorti du coffre explique qu'il n'y a pas de raison au fait qu'E.T. soit marron, que Le pianiste doive se cacher ou que les jeunes de Massacre à la tronçonneuse n'aillent pas pisser. Et au film d'être un hommage à ce no reason. Ouais, sauf qu'à ces questions, il y a des raisons, voire même que ce sont des questions qui n'ont pas de raison d'être. Alors quoi, hommage au cinéma d'exploitation, au cinéma en général ou au no cinema ?

Quentin Dupieux est donc déjà parti loin, très loin, et certains diront qu'il est perdu dans son désert ou qu'il a plus sa place à la FIAC. Œuvre expérimentale, court gonflé en long ou OFNI... il n'y a pas a priori pas de raison à Rubber d'exister, si ce n'est celle, essentielle et unique, d'exister ou plutôt de faire exister. Robert le pneu. Le réalisateur crée ainsi la vie et l'empathie à partir de rien, enfin d'une merde de caoutchouc. Ses premiers pas, sa première canette écrasée, son premier animal éclaté, son premier amour, son premier meurtre... le spectateur est le témoin de la plus belle et tragique des histoires : la naissance, la vie et la mort d'un monstre malgré lui, comme dans les meilleures séries B ou Z.

Jamais, non jamais, un pneu serial killer psychopathe télépathe n'avait été filmé comme ça. Ce qui vient d'être écrit n'a aucun sens ?  No reason. Le film met alors en branle un langage cinématographique connu, de Lynch à Cronenberg en passant par les Monty Python ou la Roxane Mesquida, pour prouver que oui, c'est possible, il n'y a pas de raison. D'ailleurs, cela aurait aussi marché avec un Steak.

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