Critique : Quartier lointain

Louisa Amara | 23 novembre 2010
Louisa Amara | 23 novembre 2010

Il y a de belles surprises au cinéma qui vous touchent plus que d'autres. Quartier Lointain en est assurément une. Comment un réalisateur français assez peu prolifique a-t-il réussi à adapter sans fausse note le manga le plus marquant de ces 10 dernières années ? Cela restera un mystère délicieux et un véritable espoir : le cinéma français est capable de ce genre de prouesses.

Retour sur le manga d'origine, Quartier Lointain de Jirô Taniguchi fut un best-seller lors de sa sortie en France et en Europe en 2002. A la grande joie de l'auteur, qui ne s'attendait pas à un tel succès pour une histoire si ancrée au Japon. L'histoire se déroule en effet dans une petite ville, où le héros a grandi, mais traverse aussi plusieurs époques, la 2nde guerre mondiale, les années 60 et 90. Mais comme les lecteurs l'ont fait comprendre au mangaka : l'histoire de Quartier Lointain est intemporelle et universelle. Le héros quinqua se réveille un jour 35 ans plus tôt, dans son corps d'adolescent, entouré de ses anciens camarades de classe, de sa famille. Il a alors la chance de revivre le passé, pour peut-être changer le cours des événements. Qui n'a pas rêvé de pouvoir tout recommencer pour éviter les erreurs du passé ?

Sam Garbarski a été très touché par cette histoire, il y a découvert le vecteur idéal pour transmettre tout ce qu'il aurait voulu dire à son père décédé. Par une réalisation délicate et épurée, il a su trouver le ton juste pour faire de cette adaptation une réussite. Il était pourtant difficile de faire les coupes et les rajouts nécessaires, tout en faisant le pari de transposer l'histoire en France ! C'est là tout le talent de ce réalisateur et scénariste, connu notamment pour Irina Palm ou le Tango des Rashevski.

Il était tout aussi primordial de choisir des acteurs sachant porter cette histoire chargée d'émotions. Le premier rôle, Léo Legrand , incarne avec maturité et une infinie douceur, Thomas (Hiroshi) ado voulant à tout prix sauver sa famille. Il est d'une beauté époustouflante presque irréelle, il vous fera penser à John Harrison, « l'ange blond » dans Elephant de Gus van Sant. Il faudra suivre ce jeune comédien au talent prometteur. Jonathan Zaccaï trouve le juste équilibre entre force tranquille et doutes sous-jacents pour interpréter ce père en crise. A tel point qu'il en éclipse Pascal Greggory, dont le jeu est beaucoup plus effacé. La musique envoûtante composée par le groupe Air finit de nous enchanter.

Une adaptation très réussie qui nous donne envie de replonger dans ce Quartier Lointain (Casterman) pour prolonger le plaisir.

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