Critique : Elle s'appelait Sarah

Vincent Julé | 13 octobre 2010
Vincent Julé | 13 octobre 2010

Gilles Paquet-Brenner est un peu victime d'un délit de sale gueule. Après les nanars industriels que furent, dans l'ordre, Gomez & Tavarès (2003), U.V. (2007) et l'inoubliable Gomez vs Tavarès (2007), on a attribué au réalisateur une étiquette de « yes man » du cinoche franchouillard. Une image de gros rigolo qui peut rendre les gens sceptiques lorsqu'on leur dit que Gilles a réussit à évoquer un des épisodes les plus noirs et les plus honteux de la France : la rafle du Vel d'Hiv. Après La Rafle qui n'était pas fameux, le doute est permis mais, pourtant, Elle s'appelait Sarah réussit à ne pas étouffer le récit et la dramatisation sous le poids de l'Histoire et du devoir de mémoire.

Avec une simplicité qui ne manque pas d'efficacité, Paquet-Brenner noue joliment une intrigue sur la quête d'identité d'une survivante qui s'appelait Sarah, vous l'aurez compris. Kristin Scott Thomas mène le film en témoin de l'ignominie française et Niels Arestrup vient montrer la beauté de la compassion le temps d'une scène, bref tout avance sans tambour ni trompette. Du bel ouvrage que même la présence désastreuse d'Aidan Quinn et les lourdeurs finales ne viennent jamais gâcher. Note pour plus tard : même si elle ne dit pas un mot, Charlotte Poutrel est bien la plus belle femme du cinéma français.

Damien Vinjgaard

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