Critique : Un amour désespéré

Nicolas Thys | 13 octobre 2010
Nicolas Thys | 13 octobre 2010

Adaptation d'un roman de Théodore Dreier, romancier américain célèbre de son vivant et oublié de nos jours, Carrie, un amour désespéré sorti en 1952, est un mélo dans la plus pure tradition hollywoodienne. Pourtant, comparé aux autres films du même genre, le scénario est plus fouillé et ses idées plutôt subversives pour l'époque : le concubinage entre une jeune femme et un homme qu'elle n'aime pas, sa romance avec un second beaucoup plus vieux, le divorce de celui-ci avec son épouse et la perte de ses enfants, sa déchéance sociale et l'émancipation totale de la jeune femme dans un milieu artistique.

Mais, pour construire ce film étonnant sur une liberté chèrement acquise par une femme qui ne cherche qu'à fuir son carcan d'origine, le mélodrame s'affiche. Ce sont les sentiments, l'amour et la passion qui seront les moteurs narratifs du film. En parallèle, visuellement, les décors, la très belle photographie noir et blanc et la mise en scène de William Wyler, réalisateur bien trop décrié par les critiques de l'époque, mettent l'accent sur la condition de cet être seule et sur les différentes couches sociales, de l'ascension vers le luxe au retour à la pauvreté. Un excellent casting, qui nous permet de redécouvrir Jennifer Jones, décédée il y a peu, complète le tableau de cette production rare et à (re)découvrir.

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