Laisse-moi entrer : Critique

Laurent Pécha | 7 octobre 2010
Laurent Pécha | 7 octobre 2010

Il y a des films qu'on a du mal à appréhender parce que, quoi que l'on fasse, notre jugement est biaisé. Laisse-moi entrer est de ceux-là en tant que remake d'une rare fidélité pour ne pas dire plus, du film suédois, Morse. Le souvenir de ce dernier étant particulièrement fort de par sa réussite magistrale (une relecture singulière du film de vampires), la vision de Laisse-moi entrer s'apparente plus d'une fois à un jeu des 7 erreurs où l'on cherche à déceler ce que Matt Reeves a pu apporter ou changer au récit mis en images par Tomas Alfredson.

 

 

Le réalisateur de Cloverfield a beau proclamer un peu partout qu'il a mis beaucoup de lui et de sa vie personnelle dans son film, Laisse-moi entrer ne se démarque jamais vraiment de Morse. On y retrouve, souvent à l'exactitude près des faits, voire parfois des plans, le même déroulement dans le récit. L'effet de surprise éventé, il est alors possible d'apprécier la qualité technique indéniable de l'œuvre mais là encore, le charme désuet et poétique de Morse revient en tête et de s'apercevoir que son remake se plie à une codification bien plus mainstream et donc forcement moins détonante (bien que très efficaces, les deux ou trois scènes chocs perdent ainsi de leur superbe). Et puis, il y a cette limite dans le choix d'acteurs que l'on a déjà vu et apprécié ailleurs (Hitgirl en vampire !) qui freine terriblement l'adhésion presque sensitive que l'on pouvait avoir pour les personnages et principalement les enfants dans Morse.

 

Résumé

Une curiosité pour les connaisseurs. Une réussite pour les non initiés en espérant que cela leur donne envie de découvrir l'original avec toutefois le pressentiment que l'expérience soit aussi biaisée que la notre.  

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