Moi, moche et méchant : Critique

Sandy Gillet | 5 octobre 2010
Sandy Gillet | 5 octobre 2010

Gru est un super vilain qui vit dans une banlieue cossue entouré de ses « mignons », sorte de nains jaunes portant fièrement salopettes et binocles ou monocles de motards style années 1930, et qui voit sa suprématie en la matière mise à mal par un nouveau venu dont le premier fait d'arme est le vol d'une pyramide (sic !). Gru a un accent vaguement russe et est doublé en français par un Gad Elmaleh très inspiré (pour la VO avec Steve Carell, on attend vos commentaires au sein de notre forum, l'auteur de ces lignes ayant privilégié une séance en VF avec son « mignon » à lui), il est pour le moins egocentrique, sans pitié et sans compassion pour son prochain à commencer par les enfants. Une attitude façonnée au fil des ans et qui commence quand lui-même petiot ne trouvait aucun réconfort dans les bras arides d'une mère aux abonnés absents...

 

 

Non il ne s'agit pas d'une prequel à Oliver Twist, mais bien de Despicable me (titre VO autrement plus évocateur et inspiré que sa resucée française), un film d'animation à l'histoire aussi classique que fouillée, à commencer donc par la psychologie de ce personnage central qui n'est pas tout de suite perçu comme un héros positif, chose rare pour un genre d'abord destiné aux enfants. Voici donc un « vilain au grand cœur » qui va le conduire à adopter des orphelins dans le seul but de mener à bien son plan diabolique : voler à son nouveau rival un pistolet réducteur qui va lui permettre de subtiliser rien de moins que la Lune à la barbe de tous !  

 

 

La mécanique, on le voit, est (trop) bien huilée avec des « mignons » qui sont là pour amener des plages d'humour un peu bordéliques et déjantées alors que les séquences entre Gru et les enfants sont plus sages même si l'on reste assurément dans le fun un peu outrancier (la scène du stand de tir dans une fête foraine est à ce titre hilarante). Les grands rigolent plus que les petits car le film co-réalisé par le français Pierre Coffin fourmille de clins d'œil et d'hommages en tous genres (la scène du lit rappelant Le Parrain...), mais les mignons veillent au grain et assurent le lien entre les spectateurs de tous âges. D'ailleurs, il faut bien rester pendant le générique de fin, éclats de rire transgénérationnels assurés et leçon de 3D à la clé.

C'est d'ailleurs le dernier point positif du film. Cette 3D visible mais assumée, agressive parfois mais complètement intégrée dans la tonalité générale... Une autre façon de l'apprivoiser à mille lieux de la charte Pixar mais non moins efficace. Bref, voilà de quoi passer un très bon moment en famille (ou pas !), voire un peu plus, cochon de Gru qui s'en dédit !

 

 

 

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