Monsters : critique tentaculaire

Perrine Quennesson | 19 septembre 2010
Perrine Quennesson | 19 septembre 2010

Avant de réaliser Godzilla, Gareth Edwards a été remarqué avec sa première réalisation : Monsters, film de monstres et d'amour avec Scoot McNairy et Whitney Able

Ce soir à 20h55 sur Syfy.

Monsters s'avère être un véritable film contemplatif et naturaliste. L'histoire de Monsters se déroule six ans après qu'une sonde de la Nasa revenue de l'espace se soit écrasée en Amérique Centrale libérant des particules extra-terrestres. Une nouvelle forme de vie est alors apparue : de géantes créatures investissent le terrain et une partie du Mexique et des Etats-Unis est mise en quarantaine. Dans ce marasme, un jeune journaliste-photographe cherchant à se faire bien voir de son patron accepte d'escorter la fille de celui-ci à travers la zone infectée.

 

 

Le ton métaphorique du film ainsi que son petit budget en font le District 9 de l'année 2010. Car, évidemment, ces créatures ne sont pas simplement un décor sympathique. Si le long-métrage de Neil Blomkamp était une parabole sur la ségrégation en Afrique du Sud, celui de Gareth Edwards en est une sur les conséquences de l'ouragan Katrina. Lorsque le couple traverse la zone infectée, il se retrouve face à des paysages apocalyptiques et des populations en souffrance subissant les migrations des immenses bestioles avec le détachement de ceux qui savent que les promesses d'aides ne sont jamais tenues. Un peu comme les habitants de la Nouvelle-Orléans se résignant en attendant la prochaine catastrophe naturelle.

 

 

L'attitude des autorités militaires et gouvernementales se résument ici à tenter de contenir sans chercher à comprendre, agresser ces êtres perdus, puisque pas de notre planète, et se faire agresser en retour. Une grande métaphore écologique et sociale donc. Mais la comparaison avec le film du réalisateur sud-africain s'arrête ici puisque contrairement à District 9, Monsters souffre d'une absence de tension dramatique. La naissance de l'amour entre ces deux protagonistes que tout oppose dans un contexte de crise semble bien mince en comparaison de la transformation tragique et déchirante subie par le personnage de Sharlto Copley. L'autre défaut du film réside dans sa lenteur : les scènes, si belles soient-elles, semblent être étirées à leur maximum afin d'occuper l'espace temps.

 

 

Si l'on a peu d'empathie avec les héros, la mise en scène des paysages ravagés, la description de cette situation cataclysmique et l'apparition des créatures remportent, elles, tous les suffrages. Contemplatif à souhait, le film ressemble à un Terrence Malick en plus fantastique. La concrétisation de l'amour s'accompagne ici de la découverte des monstres que l'on ne voit jamais dans le film (la faute au budget sûrement). Cette absence n'est en aucun cas gênante puisqu'elle décuple la surprise finale. Monsters est avant tout un très beau film, un peu lent, qui s'intéresse plus aux conséquences des actes qu'aux actes eux-mêmes.

 

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