Critique : British Intelligence Service

Francis Moury | 26 août 2010
Francis Moury | 26 août 2010

British Intelligence Service [British Intelligence] (USA 1940) de Terry Morse est un film « B » d'espionnage militaire qui n'est pas original (l'histoire avait déjà été adaptée deux fois au cinéma en 1926 puis en 1930 : son personnage féminin principal évoque naturellement les souvenirs de Mata-Hari et Marthe Richard) et c'est un film de propagande patriotique lourdement anti-allemand, tourné en pleine Seconde guerre mondiale, montrant une action se déroulant durant la Première guerre mondiale. Il bénéficie néanmoins de trois éléments positifs qui rendent encore aujourd'hui sa vision agréable : une interprétation de Boris Karloff qui tourna cette année-là environ cinq ou six autres films fantastiques, un scénario et des dialogues faisant constamment rebondir le suspense en entretenant constamment le doute sur l'identité réelle des espions, enfin des effets spéciaux et des stocks-shots de combats ou de bombardements, aériens comme terrestres, bien utilisés et permettant au film de devenir spectaculaire d'une manière efficace... pour pas trop cher.

Terry Morse est surtout connu des cinéphiles français pour avoir signé la version américaine du Gojira [Godzilla] (Jap. 1954) de Inoshiro Honda, en y insérant des scènes avec l'acteur Raymond Burr commentant l'action dans le rôle d'un journaliste américain envoyé spécial à Tokyo. Ces séquences alourdissaient l'action, et le montage original de Honda demeure bien supérieur. Pourtant c'est comme monteur que Morse fit carrière à Hollywood davantage que comme cinéaste, et c'est à ce titre qu'on lui avait confié cette ridicule besogne : américaniser un film japonais. British Intelligence prouve que Morse valait peut-être mieux comme réalisateur que comme monteur.

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