Critique : 600 kilos d'or pur

Laurent Pécha | 9 août 2010
Laurent Pécha | 9 août 2010

Le retour du film d'aventures à la française. Cela faisait bien longtemps que l'on attendait ça. On irait presque jusqu'à dire depuis le sympathique Ruffian si on joue la carte de l'exotisme. Car, depuis, l'aventure s'est toujours mixée à la comédie pour ne pas dire l'inverse. Or, avec 600 kilos d'or pur, Eric Besnard (le très moyen Cash mais le scénariste des excellents Le Convoyeur et Le Nouveau protocole) joue la carte du sérieux et nous invite à vivre son Trésor de la Sierra Madre. Une course poursuite dans la jungle où l'or va gangréner les rapports de la fine équipe qui est venue voler cet énorme magot. Ici, seuls comptent  le dépaysement et le réalisme de la situation, l'humour n'étant réservé qu'aux savoureuses punchlines de Patrick Chesnais.

Assorti d'une photo absolument superbe, 600 kilos d'or pur a assurément de la gueule et Besnard de maximiser ce constat au détour de nombreux plans magnifiques. Si, on reste très loin du niveau de McTiernan ou Boorman (La Forêt d'émeraude) pour faire de la jungle un « personnage » à part entière, il faut reconnaître au cinéaste une volonté sincère de tenter d'y parvenir. Il déroule ainsi son histoire de manière intègre et appliquée s'appuyant avant tout sur son casting des plus homogènes. En fer de lance du groupe, Clovis Cornillac confirme qu'il est prêt pour des rôles de dur à cuire comme les affectionnait Lino Ventura. Et Audrey Dana, seule présence féminine du récit, lui emboîte agréablement le pas.

Mais malgré la sympathie du projet - on a tellement envie de revoir ce type de films en France -, 600 kilos d'or pur ne convainc jamais totalement par la faute notamment d'un manque de péripéties rendant la dernière demi-heure nettement moins exaltante qu'attendue. Il manque cette efficacité à l'américaine dans l'action mais aussi cette capacité à faire corps totalement avec les protagonistes. On reste ainsi poliment spectateur de l'aventure et avec le sentiment qu'il ne fallait pas tant que ça pour que la fièvre monte en nous. Partie remise !

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