Millenium 3 - La Reine dans le palais des courants d'air : critique

La Rédaction | 19 juillet 2010 - MAJ : 30/10/2018 22:03
La Rédaction | 19 juillet 2010 - MAJ : 30/10/2018 22:03

Reprenant là où s'achevait le deuxième volet, Millenium 3 est lourdement handicapé par son prédécesseur, qui avait échoué à poser des questions dont on attendrait impatiemment les réponses. Le dénouement de cette saga nordique n'est donc ni haletant et ni surprenant. Pourtant, avec la Reine dans le palais des courants d'air vient l'heure des révélations, et plusieurs affaires seront dévoilées au grand jour. En éclaircissant l'histoire personnelle de Lisbeth Salander, violée, internée dans un hôpital psychiatrique puis mise sous tutelle, Mikael Blomkvist découvrira que les services secrets sont impliqués dans cette histoire sordide, dépassant largement le simple fait divers. Si le premier épisode (et, dans une moindre mesure, le deuxième) empruntait au thriller américain contemporain (Seven, etc.), c'est désormais du côté de deux autres genres hollywoodiens que se situe ce dernier Millenium : le film de procès et celui d'investigation journalistique (façon Les hommes du Président).

 

 

Millenium 3 est logiquement l'épisode le plus lent de la trilogie. Hormis quelques péripéties qui perturbent le récit (ceux qui enquêtent sont menacés de mort et agressés), on suit le recoupement d'indices mené simultanément par l'avocate de Lisbeth et par le journaliste Mikael Blomkvist. Il faut un certain talent pour rendre palpitant ce long travail de recherche, et Daniel Alfredson manque d'inspiration et de matière. En étirant chacune de ses séquences, il ne fait que mettre en évidence la pauvreté de son intrigue.

Dans Millenium 3, chaque preuve susceptible d'innocenter Lisbeth (notamment une vidéo) est connue du spectateur depuis longtemps, et il faut attendre patiemment que l'avocate décide de s'en servir. Alors que cette saga aurait pu passionner en se réappropriant au fil des épisodes des genres qui ont fait l'histoire du cinéma américain, les trois films suédois manquent d'inventivité et se complaisent dans les clichés. On assiste ici à un procès final sans surprise, sans tension et mis en scène avec une passivité désespérante. Même lorsque Lisbeth se ridiculise en se déguisant en punk, le film ne réussit pas à capter l'attention et la trilogie s'achève dans l'indifférence la plus totale.

Pierre-Loup Docteur

 

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