La Disparition d'Alice Creed : Critique

La Rédaction | 2 juillet 2010
La Rédaction | 2 juillet 2010

Pourquoi a-t-on enlevé Alice ? La question reste entière. La disparition d'Alice Creed de J Blakeson, fonctionne sur un pitch relativement ordinaire : deux hommes décident d'enlever la fille d'un milliardaire pour lui pomper deux millions de livres sterling. A-t-elle été choisie au hasard ? Rien n'est moins sûr. Comme des directeurs de casting, Danny et Vic optent pour Alice dans le rôle principal de leur scénario machiavélique. Fille unique d'une famille riche et fluette, détail important lorsqu'il faut transporter un corps. On a comme l'impression qu'ils tiennent le filon du kidnapping parfait. Sur le papier en tout cas.

 

 

Le thriller repose sur ces trois personnages et un appartement miteux dans lequel la victime est retenue en otage, attachée et bâillonnée. Le pari du film est donc particulièrement ambitieux. Difficile de faire tenir 1h30 de suspense sur trois comédiens dans un huit clos, et s'il est loin d'être absolument dénué d'intérêt, le film rate pourtant ses (supposés) points forts. Il prouve par endroits ses penchants « comiques » qui lui auraient donné du corps et, pourquoi pas, permis de créer un thriller burlesque, faute d'être bon dans son genre. On pense notamment à la scène où Danny tente en vain de faire disparaître la douille d'une balle qui pourrait lui porter préjudice. Ces bourdes à répétition apportent en dérision et les acteurs parviennent sporadiquement à créer une tension. La drôle de disparition d'Alice Creed ?

 

 

En offrant des retournements de situation à n'en plus finir, le réalisateur semble vouloir surprendre toujours plus son public, mais à trop en faire, il se fatigue. Le scénario - poussif - prend alors les allures d'un remake de Sex Crimes et de ses rebondissements grotesques mais jouissifs. Les relations entre les personnages auraient pu gagner en densité si elles avaient été approfondies, car, on esquisse une triangulaire sans jamais aller au bout de sa psychologie. Les réactions sont attendues et quand elles surprennent, on n'y croit pas. L'amusement se transforme rapidement en lassitude, avec le sentiment que le réalisateur est lui-même pris en otage par son film et n'arrivera pas à s'en dépêtrer.

Laure Beaudonnet

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