Critique : Dog pound

Laurent Pécha | 23 juin 2010
Laurent Pécha | 23 juin 2010

Après un controversé, et pas plus loin que dans nos pages, Sheitan, Kim Shapiron revient avec un film « américain » qui a le point commun d'être lui aussi sans concession. Les similitudes s'arrêtent là tant Dog pound montre un autre visage du jeune cinéaste. Un cinéaste plus assagi qui se décide à mettre son art au service d'un récit simple mais terriblement efficace.

Ne lâchant pas l'univers juvénile qui le fascine, Shapiron nous embarque dans les affres de l'univers carcéral pour jeunes délinquants et choisit l'angle documentaire pour coller au plus près de la réalité. Et c'est peu de l'écrire tant son Dog pound suinte de tous ses pores la vérité d'un milieu âpre où la loi du plus fort reste encore le maître étalon du genre. Balancés après des délits plus ou moins mineurs dans cette prison qui en brise plus d'un, les trois « héros » de Dog Pound vont apprendre cet axiome de la manière la plus douloureuse qui soit. Et nous de suivre dans une intimité plus d'une fois touchante et saisissante leur lente descente aux enfers. En prenant son temps et par petites touches, bien aidé par un casting criant de vérité (et pour cause, certains comédiens sont tout simplement de réels détenus), Kim Shapiron nous fait monter en pression sans jamais chercher à caricaturer ou même à prendre partie, à l'image de matons bien loin des salopards que l'on peut voir dans de telles situations scénaristiques.

Et c'est ainsi en toute logique que le réalisateur nous cueille dans un final tout en bruit et fureur où la part d'animal de chacun explose, laissant le spectateur touché dans sa chair devant un tel gâchis humain. En réussissant à abolir ainsi toute barrière cinématographique, Dog pound démontre avec brio qu'un cinéaste est définitivement né.

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