L'Agence tous risques : Critique

Laurent Pécha | 7 juin 2010
Laurent Pécha | 7 juin 2010

Dans les années 80, L'Agence tous risques et ses presque 100 épisodes au compteur ont fait le bonheur de bon nombre d'enfants et ados qui voyaient en cette fine équipe l'occasion de se mater une tripotée de scènes d'action sans avoir à se déplacer au ciné. Qu'importe que la série TV ne soit pas un fleuron du genre, cela suffisait largement à leur bonheur. 

Et voilà que sortie de nulle part, cette A-Team refait surface... au cinéma. Pas plus excité que ça par la proposition surtout quand on regarde le nombre de séries qu'Hollywood « s'amuse » à détruire depuis plus de 10 ans (Chapeau Melon et bottes de cuir pour ne citer que le pire affront), on rentre dans la salle en s'accrochant aux bons indices : un casting qui a de la gueule et un cinéaste, Joe Carnahan, qui a du caractère et un certain talent visuel. Bonne pioche puisque les deux atouts les plus solides de ce blockbuster estival sympathique à défaut d'être mémorable, sont bien à aller chercher là.

 

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Il ne faut que quelques minutes pour se rendre à l'évidence : le réalisateur burné de Mise à prix et Narc est l'homme de la situation et il a l'art d'introduire avec brio ses personnages dans l'action. Chaque membre de la A-Team a le droit ainsi à sa présentation en grande pompe et l'occasion pour chacun des acteurs de prendre possession avec bonheur de leur modèle télévisuel. A tel point qu'il est difficile de sortir du lot l'un plus que l'autre, si ce n'est que Sharlto Copley (le héros de District 9) en Looping réussit une performance de haute volée encore plus dingo que l'original.

 

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Difficile d'être plus respectueux et surtout dans le ton de la série,  ce qui est finalement ce que l'on attend toujours d'une telle entreprise sans pour autant d'ordinaire être satisfait. Là, aucun souci puisque les auteurs du film s'évertuent à reprendre les codes et les figures imposées de L'Agence tous risques. Ils ont beau faire des transgressions (le sort réservé à la camionnette de Barracuda), mettre du féminin dans l'histoire (le personnage bien défendu par Jessica Biel de celle qui poursuit la A-Team tout en étant l'ex-maîtresse de Futé), faire la part belle au méchant de service (Patrick Wilson en agent de la CIA retord), le naturel revient vite au galop. Et l'on assiste  à un enchaînement métronomique de préparations de missions avec tout l'art de la fine équipe pour concocter des plans si tarabistoqués (Tom « Ethan Hunt » Cruise de Mission : impossible est un enfant de cœur à côté), suivis des dites missions où les responsables des effets spéciaux et les diverses équipes de cascadeurs s'en donnent à cœur joie pour faire dans l'ultra spectaculaire.

 

Résumé

Tout ceci ne brille pas d'une folle originalité et l'accumulation et répétition n'ont pas forcement que du bon (la séquence finale étant loin d'être la plus réussie) mais l'humour décomplexé, la franche camaraderie entre les comédiens et l'absence d'une quelconque prétention font que la projection se passe sans réel accroc. Et puis au final,  ce n'est que L'Agence tous risques transposé au cinéma. Rien de plus mais surtout rien de moins !

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