Jules et Jim : Critique

Pierre-Loup Docteur | 26 avril 2010
Pierre-Loup Docteur | 26 avril 2010

Œuvre parmi les plus emblématiques de la Nouvelle Vague, le troisième film de François Truffaut, Jules et Jim, est l'adaptation du roman éponyme de Henri-Pierre Roché, qui narre l'amitié au début des années 1920 entre les inséparables et indissociables Jules, allemand, et Jim, français. Le film, comme Les 400 Coups, opte pour une esthétique réaliste : outre les images d'archives utilisées alors que la première Guerre Mondiale perturbe le récit (Jules et Jim y participant tous les deux, l'un combattant aux côtés des français, l'autre de celui des allemands), les escapades du trio formé par Jules, Jim et Catherine sont photographiées comme des photos de rues, prises sur le vif. Parmi les séquences les plus représentatives du film de Truffaut, il y a cette course innocente sur un pont, lancée par Catherine (« Le premier qui arrive au bout de la passerelle... ») et synthétisant toutes les ambivalences de Jules et Jim.

Ambivalence des images, réelles ou de fiction, et ambivalence des sons, voix-off, dialogues et partitions musicales s'entremêlant sans cesse. François Truffaut procède ici par collage. Une pluralité de tons s'installe alors : par son brassage des formes de discours, Truffaut mêle littérature (en reprenant des citations du roman de Roché, il ne gomme pas son style) et cinéma, présent (des dialogues, de l'image captant un instant de vie) et passé (le style romanesque de l'ensemble), vie et mort.

 

Photo Jules et Jim

 

Dans la peinture du triangle amoureux, signalant une vie menée en dehors des conventions et de la morale, Jules, Jim et Catherine sont seuls au monde et donc invulnérables, ils ne cessent de prouver leur joie de vivre. Pourtant ce trio si soudé est d'emblée trop fragile pour être éternel : Catherine arbore une casquette, se peint une moustache, mais n'est jamais semblable à Jules et Jim. Plus qu'un simple personnage, elle est un symbole, une personnification de la Nouvelle Vague : Catherine dicte le montage de Jules et Jim, imposant ainsi son rythme, puisque c'est elle qui provoque des arrêts sur image dès qu'elle pose ou de grandes ellipses à chacun de ses permanents changements d'avis. Comme le mouvement qu'elle incarne, elle revendique sa liberté (sa relation avec Jules et Jim, par ailleurs deux amateurs d'art qui l'admirent, est l'exemple le plus flagrant) mais demeure éphémère.

 

Photo Jules et Jim

 

Déjà, le prologue, « Tu m'as dit ‘'Je t'aime'', je t'ai dit ‘'Attends''. J'allais dire ‘'Prends-moi'', tu m'as dit ‘'Va-t-en'' », inclut la fatalité. François Truffaut réalise un film oscillant sans cesse entre légèreté et gravité, entre comédie et tragédie, entre l'euphorie de vivre l'instant présent, emporté par le tourbillon de la vie (confirmé par le rapide phrasé de la voix-off) et le désespoir d'une fin inévitable. Avec Jules et Jim, François Truffaut redéfinit la notion d'adaptation. Si comme le roman de Roché son film met en scène la rencontre entre les héros éponymes et Catherine, le cinéaste donne à voir également une autre rencontre, liée à des préoccupations exclusivement cinématographiques : celle entre deux amateurs d'art et un nouveau mouvement personnifié par le personnage féminin, incarné par Jeanne Moreau, qui deviendra l'une des icônes de la Nouvelle Vague.

 

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Résumé

commentaires

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23/01/2015 à 15:28

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