Critique : Casanegra

Nicolas Thys | 17 avril 2010
Nicolas Thys | 17 avril 2010

Le cinéma marocain n'est pas très connu ni très présent sur nos écrans. Avec une moyenne d'une douzaine de films produits par an, il atterrit rarement sur le sol français. Casanegra est donc un objet filmique attendu, une manière de voir ce que cache cette production souvent invisible. Et force est de constater que si les réalisateurs ont des idées, les scénaristes en ont moins.

La réalité, encore et toujours. Enfin, une réalité. Celle de Casablanca vue par des pauvres hères en souffrance, désespérés par le manque d'agent et la misère qui règne. Casablanca devenue Casanegra aux ruelles sordides et aux immeubles délabrés. Cette ville, qui s'étire sans cesse et dont la vue générale la fait ressembler à n'importe quelle métropole, est autant le protagoniste du film que les deux anti-héros à la recherche d'argent, d'amour, d'une nouvelle vie.

Panorama d'un microcosme, Casanegra n'évite pas les écueils scénaristiques. Une réalité qui ressemble à n'importe laquelle, oui et puis ? Au final nous n'apprendrons rien sinon que Casablanca est une grande ville perdue parmi d'autres car sa situation est plus ou moins la même que celles que l'on connait : violence, drogue, coups tordus, gens amusants, gens déprimés, SDF, maris hargneux. Rien de neuf, rien qui vaille la peine de s'y attarder.

Heureusement, la mise en scène sauve l'ensemble. Les lumières diurnes montrent cette « Maison Noire » de la plus pale des manières. Une froideur crue à l'opposé des clichés et de la chaleur qu'on imagine en général. Seul les plans de nuits sont jaunes, parfois pratiquement expressionnistes jusque dans le vide immense qu'ils montrent, à l'image de la vie des habitants que l'on suit.

Au final, un sujet banal qu'une mise en scène intelligente et des acteurs crédibles sauvent du gâchis.

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