Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec : Critique

La Rédaction | 1 avril 2010
La Rédaction | 1 avril 2010

Arthur et les minimoys n'était donc qu'une récréation. Les productions EuropaCorp aussi. Luc Besson préparait en fait son retour. Et quel retour, en grâce pourrait-on dire. Car avec Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, il livre une synthèse de son œuvre, une sorte de testament et surtout un spectacle total. Avec l'exigence du Grand Bleu, la folie du Cinquième élément, la puissance de Jeanne d'Arc et, toujours, le cœur (du public) dans la main. Quel mérite accordé alors à Jacques Tardi, auteur de la bande dessinée originale ? Bien sûr, tout est déjà dans les premiers tomes (La bête, Le savant fou, Momies en folie) que Luc Besson a lu et adapté, mais en densifiant le récit et en dynamisant le rythme, il transcende la petite case et convainc que ces aventures ont plus leur place sur un grand écran.

D'ailleurs, c'est simple, on n'avait pas vu d'aventures si extraordinaires depuis La Momie 3 - La tombe de l'empereur dragon. Mieux, depuis Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. En effet, Luc Besson en donne à revoir à Steven Spielberg. Les deux ont un parcours similaire, maîtres en leur royaume, et ils se sont toujours surveillés du coin de l'œil. Or, le Français a maintenant tout de l'Américain, maitrise, exécution, équilibre, rien n'est laissé au hasard, tout est contrôlé, une véritable machine de guerre, ou plutôt de cinéma et de cœur.

 

 

Avec une aisance déconcertante, le film bondit de Paris au Caire, du tombeau d'une momie égyptienne au muséum d'histoire naturelle du jardin des plantes, d'un bon jeu de mots à une course-poursuite trépidante. Indiana Jones n'a plus qu'à laisser son chapeau par terre dans la poussière, ceux d'Adèle Blanc-Sec ont une autre allure. Ainsi, alors que Spielberg bosse encore sur Les aventures de Tintin, Besson lui grille la priorité, avec une queue de poisson (D'AVRIL !) au passage.

 

 

Luc Besson est aussi un sacré découvreur de talents, et après Anne Parillaud et Milla Jovovich, Louise Bourgoin se révèle une nouvelle perle rare. Vous n'avez pas été convaincue par elle en tant que comédienne dans La fille de Monaco ou Blanc comme neige, rappelez-vous alors ses sketchs hilarants de Miss Météo sur Canal +. C'est pareil ici, dès qu'elle ouvre la bouche, c'est pour balancer une pique, une vacherie, un calembour. D'un personnage retord et égoïste, elle en fait une héroïne telllleeeemmeeennnt sympathique. Il faut dire qu'elle est très bien entourée, avec un Matthieu Amalric en méchant le plus absent et le plus intense depuis longtemps, un Jean-Paul Rouve en guest à mourir de rire comme à son habitude, un Philippe Nahon rare et donc précieux et Gilles Lellouche méconnaissable, il faut presque attendre le générique de fin pour se rendre compte que, wouah, c'était lui !

 

 

Mais le vrai héros du film est le ptérodactyle. On peut se demander comment ils ont pu en trouver un encore en vie aujourd'hui (a priori un vieil œuf retrouvé au jardin des plantes), mais le plus impressionnant est la manière dont ils ont réussi à le dresser. Spielberg peut retourner faire joujou avec son parc d'attractions. Ici, d'une scène de voltige à une autre de panique, il donne tout, entre action et émotion. La complicité qui se noue entre lui et Adèle, à l'écran comme à la ville on n'en doute pas, est aussi touchante qu'inattendue. Extraordinaire, extravagant, extraterrestre... les adjectifs manquent pour qualifier Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec. A voir cul-sec.

PS : Eric Serra est au top de lui-même.

 

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