Critique : Dragons

Vincent Julé | 27 mars 2010
Vincent Julé | 27 mars 2010

« Par les créateurs de Shrek et Madagascar », clame l'affiche de Dragons. « Dans l'ombre de Pixar », ajoute naturellement, presque un réflexe, le spectateur. Car les productions de DreamWorks Animation ont beau secouer le box-office, amuser les petits et grands, jamais elles ne s'imposent, jamais elles ne marquent et... jouons aux cons... jamais elles ne dépassent le sacro-saint 3,5/5. Alors qu'à Ecran Large, Pixar, c'est 5/5 depuis 15 ans ! Qu'est-ce qu'il se passe, qu'est-ce qu'il manque, est-ce une question de chimie, de technique, de recette, d'humanité ? La réponse semble enfin, un peu, être donné avec ce Dragons que l'on attendait presque plus.

Comme l'indique le titre original How to Train Your Dragon, il s'agit d'apprendre, de raconter. Or, DreamWorks s'est surtout jusque-là intéressé, limité, aux personnages... oh pardon, aux animaux, mignons, fun, drôles. Le héros de Dragons est ainsi un jeune Viking, tête brûlée et bras cassé, dans la grande tradition d'Aladdin ou Simba. Il n'est pas étonnant de retrouver les réalisateurs Chris Sanders et Dean DeBlois à l'écriture de ces deux classiques de Disney. Ils sont donc là pour raconter une histoire, celle d'une rencontre, d'un apprentissage, d'un passage à l'âge adulte. Et c'est leur précédent fait d'armes ensemble qui va faire la différence, qui fait que le film est le premier DreamWorks à avoir une identité et à ne pas être un ersatz. Car les créateurs de Dragons sont aussi ceux de Lilo & Stitch.

Et si les dragons n'étaient pas des monstres cracheurs de feu, mais juste de bons gros chats ? C'est en jouant l'anomalie, le contresens, comme dans Stitch ou Kuzco (et plus récemment Tempête de boulettes géantes), que Dragons se glisse parmi la concurrence animée, leur fait la nique, se stabilise un temps à hauteur de Pixar, décroche puis prend son propre envol. Gagnant au passage la confiance et la complicité du spectateur. Mais si le film joue dans la même cour des grands, il ne carbure pas aux délires et aux parodies, mais à l'action. Dragons, c'est l'histoire du Viking Harold l'handicapé social qui a besoin du dragon Krokmou l'handicapé physique pour exister et voler, et inversement. Le film se passe ainsi en majorité à museau ou à dos de dragon, pour des scènes où le vertige des grands espaces se mêle à l'évidence des grands sentiments et où la 3D retrouve, après Avatar, une partie de son sens. L'équilibre parfait. Il faut juste un peu d'entraînement.

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