Critique : Percy Jackson : le voleur de foudre

Damien Tastevin | 4 février 2010
Damien Tastevin | 4 février 2010

Souvenons-nous de cette lointaine époque où Chris Columbus nous enchantait avec des scénarios aussi aboutis qu'enchanteurs tels ceux de Gremlins ou des Goonies, avec de fraîches réalisations comme Maman j'ai raté l'avion. Puis vinrent les années 2000 et leur lot de calamités. Percy Jackson : le voleur de foudre en est la parfaite illustration. Le film nous plonge dans un monde moderne où les Dieux de l'Antiquité grecque se reproduisent avec des humains pour engendrer une progéniture de demi-dieux made in USA. Le jeune Percy, loser dyslexique et hyperactif, se trouve être l'un des rares fils de Poséidon. Il est accusé à tort d'avoir volé le feu de Zeus et doit, pour justifier son innocence, pénétrer l'Olympe afin d'y effectuer son plaidoyer.             

Tiré d'une série de livres à succès, rédigé par Rick Riordan (Percy Jackson and the Olympians), l'adaptation s'est faite en vue de plaire à un public plus large que celui auquel s'adresse les bouquins. Percy et sa bande, le satyre Grove et la môme d'Athéna, ont pris quelques rides pour l'occasion. Initialement âgés de 12 ans, ceux-ci sont transformés en ados aguerris pour développer, une fois de plus, l'aspect collège, bagnoles, drogues et rock'n roll. Après un court passage à la colonie des sangs mêlés (aka Poudlard), Percy s'engage dans un voyage autour de l'Amérique pour sauver sa maman et rapporter l'éclair originel à Zeus en personne. Sur son chemin, il rencontrera la Gorgone, une hydre (chimère dans le livre), Hadès et... Las Vegas où, sous l'influence d'acides jupitériens, lui et ses amis s'adonneront à un risible numéro de débauchés interdit aux moins de 10 ans. Chris Columbus, ayant jugé certains éléments du livre trop sombres, a passé les pages au karcher, de sorte que Percy puisse savourer sa sacro-sainte victoire finale sur les méchants.

Au point de vue du jeu, rien à dire du côté de Percy. Le jeune Logan Lerman (remarqué par  Chris Columbus pour son rôle dans 3 :10 to Yuma) se débrouille plutôt bien lorsqu'il s'agit d'exprimer 500 émotions à la minute. Dans les rôles secondaires, Brandon T. Jackson fait figure de bon pote noir juste là pour être rigolo et Alexandra Daddario s'en tire (peut-être plus pour ses yeux que pour son jeu). Chez les adultes ça se gâte, on est loin des excellents choix pour incarner les Dieux dans Le Choc des Titans. Sauf pour Sean Bean qui campe un Zeus correct, les autres sont à la limite du ridicule. Dommage d'avoir donné à Uma Thurman et à Pierce Brosnan les rôles de créatures mythologiques alors qu'ils auraient été bougrement mieux en divinités égoïstes et narcissiques.

Résultat de la recette,  un Choc des Titans manqué avec une pointe d'Harry Potter et un soupçon de Chevaliers du Zodiaque. Un mauvais équivalent au merveilleux  Stardust ! Les gamins y trouveront peut-être leur bonheur, pour les ados c'est nettement moins sûr car difficile de trouver du second degré dans cette Odyssée à la sauce ketchup. Morale de l'histoire, même un raté dyslexique peut chausser des converses volantes et s'élever vers les cieux avec en main le drapeau aux 50 étoiles. Homère s'en retourne dans sa tombe.

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