Critique : City island

Thomas Messias | 19 janvier 2010
Thomas Messias | 19 janvier 2010

C'est vrai que si l'on considère son seul résumé, City island ne paraît pas très original : il s'agit de l'histoire d'une famille vivant en banlieue new yorkaise, que l'arrivée d'un inconnu va montrer sous un nouveau jour. Raymond de Felitta décortique avec ardeur l'éclatement de la cellule familiale sous le regard de cet ex-taulard plutôt bienveillant, qui va agir comme un révélateur sur l'ensemble des membres du foyer. Le film se distingue par la tonalité adoptée, le réalisateur estimant visiblement que la quantité de perversions et de perfidies contenues dans le scénario était suffisamment élevée pour ne pas verser dans l'excès avec un traitement outrageusement cynique. Il porte donc un regard amusé et souvent tendre sur ces adultes et ados dont les agissements sont peut-être condamnables mais n'en restent pas moins humains.


Le fils cadet est fasciné par les grosses dames, la fille fait du strip, le père prétexte des soirées poker pour aller prendre des cours de comédie... L'ensemble est prétexte à une série de scènes imprégnées d'un humour léger et sans mauvais goût. City island n'est pas de ces films qui vont toujours plus loin dans le glauque pour faire réagir artificiellement l'auditoire. Si le film parle au spectateur, c'est davantage parce qu'il agit comme un miroir à peine déformant de nos propres existence. Mais pas question de jouer sur la culpabilité : il s'agit avant tout de s'amuser de nos petites médiocrités, qu'elles aient ou non des conséquences.


Symbole un peu facile de cette hypocrisie ambiante mais toujours traité avec légèreté par Felitta : chacun essaie de cacher aux autres qu'il fume des clopes. Au-delà du simple tabagisme il y a cette idée que montrer ses failles passe pour un signe de faiblesse, alors qu'il serait évidemment plus constructif de les assumer. Le film avance fort logiquement vers cette étape attendue au cours de laquelle les masques vont enfin tomber : là encore, sans moralisme mais avec une énergie salvatrice, il montre des personnages qui grandissent, mûrissent un peu, mais ne filent certainement pas vers la perfection. À la tête du casting et du film, il y a Andy Garcia, qui n'avait pas été aussi bon depuis des siècles, et qui semble prendre plus que jamais un vrai plaisir à évoluer devant la caméra. Le même que le nôtre devant cette chronique bien troussée.

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