Critique : Une petite zone de turbulences

Laurent Pécha | 12 janvier 2010
Laurent Pécha | 12 janvier 2010

Tout juste retraité, Jean-Pierre, marié, deux enfants, se découvre une tache dans le dos et se persuade qu'il est atteint d'un cancer. Bienvenue dans l'univers de notre hypocondriaque préféré du cinéma français, Michel Blanc.

Si la mise en scène revient ici à Alfred Lot, remarqué avec le bancal La chambre des morts, thriller à la française sous influence américaine, Une petite zone de turbulences est clairement marqué du style Blanc, auteur du scénario et interprète principal de cette sympathique comédie. Le comédien connaît son numéro sur les bouts des doigts et on assiste à un festival du petit caliméro sur qui tous les malheurs du monde semblent s'abattre (sa femme le trompe, sa fille va épouser un mec qu'il n'aime pas, il n'accepte pas l'homosexualité de son fils). Voir Michel Blanc plonger dans des névroses de plus en plus embarrassantes pour lui et surtout son entourage (la séquence de l'automutilation en point d'orgue) suffit amplement à notre bonheur le temps de la projection.

On sourit plus d'une fois et on s'amuse de le voir redonner la réplique à Miou-Miou plus de vingt ans après Tenue de soirée. Autour d'eux, le vrai couple (à l'écran comme dans la vie), Mélanie Doutey et Gilles Lellouche parvient à exister avec une mention spéciale au dernier, dans son rôle de beauf « Bac moins 6 » que personne n'aime mais qui révèle une humanité touchante. Quant au jeune Cyril Descours, il parvient à se sortir du rôle casse-gueule et caricatural du gay en souffrance avec des sentiments.

A l'image d'un titre tout à fait révélateur, le film ne créera aucune secousse dans l'univers sans surprise de la comédie française sans pour autant accroitre le passif de plus en plus imposant du genre depuis quelques mois. On appelle ça passer entre les gouttes !  

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