Critique : Black Dynamite

Flavien Bellevue | 12 janvier 2010
Flavien Bellevue | 12 janvier 2010

Le revival des films d'exploitation des années 70 et 80 par le projet Grindhouse de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez fait des émules. Le film de Scott Sanders s'inscrit dans cette mouvance en reprenant cette fois les codes de la Blaxploitation pour le meilleur et pour le rire avec un cousin éloigné de Shaft, Black Dynamite.

Magnum 44 à la main, pantalon patte d'eph, une coupe afro bien bombée et des répliques « couillues », Black Dynamite est bel et bien l'archétype grossier du héros de Blaxploitation moyen. Du début à la fin, le film de Scott Sanders se veut ni plus ni moins qu'une comédie hilarante grossissant les traits de ce genre cinématographique qui mettait au centre l'homme noir. De la femme noire battante aux convictions toutes aussi fortes aux filles faciles (souvent nues) en passant par les « pimp » (mac en français), les mafieux blancs,  les chinois et les militants du Black Power, tous les ingrédients d'une époque sont pastichés à tour de bras. Le long-métrage de Sanders aurait pu s'arrêter là mais sa force, si on peut dire, c'est que la farce est entière ; rien n'est fait à moitié.

Le jeu des acteurs souvent surjoué, les plans mal cadrés ou perdant de la netteté, le montage approximatif, un faux raccord maquillage sont des défauts que l'on trouvait dans les films du genre et sont habilement distillés ici. Les « privates jokes » ne sont pas légions mais elles pourront dérouter certains (notamment celle sur l'origine de Roscoe's, ce « haut lieu » culinaire californien qui offre des gaufres et du poulet  et auquel Samuel L. Jackson et Chris Tucker dans Jackie Brown faisaient déjà allusion). La dernière touche revient à la musique du film bien évidemment orientée vers la soul-funk des années 70 avec là aussi des revues de titres célèbres comme Johnny's dead de Curtis Mayfield tiré de la B.O. de Superfly.

Avec un Michael Jai White en pleine forme, Black Dynamite plaira aux amateurs de Blaxploitation et de second degré. C'est l'occasion de revoir quelques « gueules » de la télévision et du cinéma noir américain comme Arsenio Hall, Bokeem Woodbine, Mykelti Williamson et Cedric Yarbrough de la série Reno 911. Préparez votre afro, sortez vos pattes d'eph, vos vinyles soul et votre nunchaku, Black Dynamite est dans la place ! Dynamiite !! Dynamiite !!

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