Le Vilain : Critique

Laurent Pécha | 25 novembre 2009
Laurent Pécha | 25 novembre 2009

Le Vilain, un titre de film qui colle si bien à Albert Dupontel. Dans le cinéma français et particulièrement dans le domaine où le bougre opère (disons le genre comique dans son acceptation la plus large), découvrir une œuvre de Dupontel est toujours une expérience autre et l'impression d'être face à la dernière création du vilain petit canard, apparaît comme une évidence. Sauf que ce vilain petit canard, on le chérit et on veut lui dresser une statue de pourfendeur du marasme dans laquelle la comédie française est tombée.

Après trois films déjantés et iconoclastes au visuel détonant, Dupontel revient donc avec un film...déjanté et iconoclaste ! L'homme a de la suite dans les idées et surtout une vraie vision de cinéma. Il n'en démord pas et il aime appuyer où ça fait mal. Un vrai vilain ! Sauf que cette fois-ci, le bonhomme est malin puisqu'il amène dans son terrain de jeu jubilatoire, une comédienne hautement populaire et grand public en la personne de Catherine Frot. Alors que la rencontre paraissait incongrue, elle s'avère être l'une des plus belles idées du film : parfaitement grimée et étonnamment crédible en maman de Dupontel, l'ex Odette Toutlemonde est une valeureuse adversaire bien décidée à remettre son fils sur les bons rails. Ses affrontements œdipiens filmés sous influence Tex Avery ne manquent jamais de sel à l'image de la capacité virtuose de Dupontel de transcender l'univers du huis-clos (le récit se situant avant tout dans la maison de Maniette à quelques délirantes envolées visuelles, tortue comprise).

 

 

On s'amuse beaucoup et de plus en plus au fil des minutes devant l'énormité du personnage du Vilain qu'aucune mauvaise action n'arrête. Un rôle sur-mesure pour Dupontel qui déploie tout l'attirail qu'on lui connaît, période one man show comprise. Et qui a la bonne idée aussi d'offrir à sa famille de comédiens quelques seconds rôles savoureux à commencer par l'immense Nicolas Marié (le fidèle entre les fidèles du cinéaste) en docteur sur le retour complètement à côté de la plaque.

 

 

Résumé

Dégraissé de tout superflu (ça file aussi vite que les balles que le vilain tente d'éviter en ouverture), visuellement largement au-dessus des autres concurrents et constamment irrévérencieux, Le Vilain est une proposition de cinéma qu'on ne peut refuser.

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