Critique : Trésor

Vincent Julé | 11 novembre 2009
Vincent Julé | 11 novembre 2009

Quel drôle de film que ce Trésor. Quel triste film aussi. À l'origine, Claude Berri s'inspire de sa vie et du cadeau fait à son compagne Nathalie Reims pour l'anniversaire de leur rencontre. Un chien donc, qui ronfle, qui fait pipi... Va pour l'anecdote, mais de là à en faire un film. Surtout que Un homme et son chien et Bambou s'y sont déjà cassés les crocs, avec le chien comme nouveau gadget bourgeois, comme miroir déformant ultime. Mais voilà, Claude Berri est décédé le 19 janvier 2009 après seulement une semaine de tournage. Dans un même élan, toute l'équipe décide « de continuer, pour lui ». François Dupeyron, qui a réalisé La chambre des officiers et C'est quoi la vie ? et qui le secondait sur le film comme il l'avait fait sur Ensemble, c'est tout, le remplace derrière la caméra. Les acteurs Mathilde Seigner et Alain Chabat font comme si, et le chien continue de péter au lit.

 

Mais rien n'est plus pareil. À chaque pauvre cliché canin, à chaque atermoiement de petit couple dans grand appartement et finalement à chaque minute tournée, le film devient de plus en plus sinistre. Mathilde Seigner et Alain Chabat se débattent moins avec les situations et leurs dialogues qu'avec le poids de l'existence, et de la mort, sur leurs épaules. Tandis que les amis (Fanny Ardant, Isabelle Nanty, Bruno Putzulu) viennent plus se recueillir que s'amuser. Une véritable chape de plomb semble s'être abattu, et le film se renferme petit à petit sur lui-même. Il y aurait presque une certaine idée d'intimité ou d'interdit à en voir plus. Ainsi, au mieux, Trésor peut être vu comme  un hommage désarmant à son auteur disparu et un témoignage intéressant sur l'impossibilité de créer.

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