Critique : Le Petit Nicolas

Laurent Pécha | 29 septembre 2009
Laurent Pécha | 29 septembre 2009

Adapter un monument, c'est excitant, courageux, suicidaire ou calculateur. Ou tout ça à la fois ! Adapter Le Petit Nicolas, c'est un sacré défi que Laurent Tirard a en grande partie réussi.

Œuvre on ne peut plus fédératrice - « on a tous été un jour le petit Nicolas » -, les aventures de l'écolier préféré des français pouvaient être mangées à bon nombre de sauces et de styles. En optant pour une fidélité relative aux écrits de Goscinny mais en cherchant à recréer les visuels si caractéristiques de Sempé, le réalisateur de Molière a trouvé un compromis qui saura plaire au plus grand nombre quitte à frustrer (quelque peu) les plus fidèles admirateurs des livres.

Car, le principal reproche que l'on pourra faire à ce Petit Nicolas là, c'est de ne pas assez situer son récit à hauteur d'enfants et de mettre un peu trop en avant les adultes. Avec un tel projet ambitieux qui coûte cher, le risque de mettre le sort du film entre les mains d'une bande de gosses inconnue du grand public était peut être trop risqué. Alors, les adultes sont bien là et ils prennent de la place dans l'histoire racontée, à commencer par les parents de Nicolas. Mais pour compenser cela, Tirard a la bonne idée de prendre une dream team de comédiens, forcement très attachante, qui permet de patienter avec plus ou moins de bonheur jusqu'au retour de ces satanés gamins et leurs savoureuses bêtises. Kad en papa désireux de plaire à son patron, Lemercier en maman ne voulant pas être qu'une femme au foyer, Kiberlain en maîtresse au grand cœur ou encore Demaison en Bouillon et son fameux roulement d'yeux. Ils sont tous contents de se prêter au jeu et de faire partie d'un tel univers iconique. Tant mieux donc !

Mais nous, on est venu pour Nico et sa bande et de ce côté-ci, c'est un presque sans-faute pour Tirard et ses collaborateurs. Si à l'instar d'un Batman, Nicolas apparaît comme le personnage le plus effacé et le moins enthousiasmant du lot (le danger lorsqu'on est le héros passif de son histoire et l'absence d'une voix-off continue n'aide pas), ses copains semblent sortir directement de notre imaginaire. Tous ont leur moment de gloire dans le récit mais notre préférence ira à l'irrésistible et désopilant Clotaire. Une belle revanche pour le dernier de la classe !  

L'élève Tirard s'en sort donc avec les encouragements, d'autant que l'homme filme avec style et qu'il a de belles idées (un cross over savoureux entre deux œuvres phares de Goscinny). Et surtout qu'il nous a sacrement donné envie de replonger dans les écrits originaux.

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