Critique : Ong-bak 2, la naissance du dragon

Vincent Julé | 22 juillet 2009
Vincent Julé | 22 juillet 2009

Avec Ong Bak, on découvrait le savoir-faire de la Thaïlande en arts martiaux (beaucoup), en action (pas mal) et en cinéma (un peu). Mais il est vrai que de L'honneur du Dragon à Born to Fight, les films pouvaient vite tourner à la bande démo. Seuls comptaient les performances des cascadeurs et les morceaux de bravoure techniques, et le risque de répétition et d'overdose était bien présent. Comme une réponse à ses réserves, Ong Bak 2 débarque pour dire que le cinéma d'action thaïlandais a mûri, il est plus adulte, plus sérieux, plus sombre. On veut bien y croire, encore faut-il nous en convaincre.

Pour cette suite qui n'en est pas une, Tony Jaa est de retour devant la caméra, mais aussi derrière en tant que scénariste, réalisateur et chorégraphe des combats. C'est donc avant tout son film, plus qu'une séquelle ou même une préquelle. D'ailleurs, l'action ne se situe plus à notre époque mais au XVème siècle, et l'histoire n'entretient aucun rapport avec Ong Bak. S'agit-il d'opportunisme (à mettre sur le dos de l'acteur, de Sahamongkol Film ou des frères Weinstein ?) ou alors d'un pieux mensonge, tellement le spectateur avide de sensations fortes risque de déchanter. Car Ong Bak 2 est moins un film d'action, qu'un récit historique et initiatique.

Tony Jaa a en effet l'ambition de raconter une histoire, faite de revanche, de croyance... et de quelques mandales dans la gueule. Trois peut-être quatre scènes émaillent le film, à coups de ralentis et de faux raccords. La mise en scène manque de pêche, de fluidité, et si l'ensemble est plus gore, il est aussi plus vain. D'ailleurs, on peut s'interroger sur les problèmes rencontrés par le film en cours de tournage, entre la disparition de Tony Jaa et le gel du budget par Sahamongkol Film. Peut-être n'avait-il pas envie de faire le même film ? Toujours est-il que Panna Rittikrai, mentor de Tony Jaa et réalisateur de Born to Fight, a été appelé à la rescousse pour finir le film.

On comprend mieux les dix dernières minutes de bordel ambiant, mais un peu moins ce cliffhanger qui tombe de nulle part. Mais en fait, ils n'ont pas pu le finir le film, d'où un Ong Bak 3 qui devrait incorporer des rushes inutilisés et de nouvelles scènes tournées. Il devrait même y avoir de l'action, qu'ils disent. Super, et la suite de Ong Bak, c'est pour quand ?

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