Critique : L'Attaque du métro 123

Vincent Julé | 3 juillet 2009
Vincent Julé | 3 juillet 2009

Tony Scott est en train de réaliser une Œuvre. Non pas sur toute sa filmographie, mais sur ses quatre derniers films. Il se lance dans des expérimentations folles et formelles avec Man on Fire, pour ensuite les pousser dans leurs retranchements avec Domino. Il met alors en place une mise en abyme ludique et jouissive dans Déjà vu, qui trouve dans L'attaque du métro 123 un écho passionnant à défaut d'être complètement convaincant. Loin de nous aussi de vous convaincre que Tony Scott est un théoricien du cinéma. Il n'en reste pas moins un vrai cinéaste du ressenti... non pas de l'émotion, mais plutôt de la rétine, voire plus loin derrière, de l'échine.

L'attaque du métro 123 est aussi le remake des Pirates du métro, dont il ne garde que l'intrigue terroriste et le prétexte au suspense. Et l'action dans tout ça ? C'est la surprise du film, bonne ou mauvaise c'est selon. Certains diront que le réalisateur est paresseux, d'autres qu'il s'est assagi, alors qu'il ne fait que revisiter son travail d'esthète déglingué, vulgaire, jusqu'au-boutiste. Tony Scott remet donc Denzel Washington devant un écran comme dans Déjà vu. Sauf qu'il n'y pas plus d'image si ce n'est un vieux réseau ferroviaire old school, ni d'arme si ce n'est un micro talkie-walkie. Denzel Washington était un corps, il devient une voix. La mise en scène de Tony Scott avait besoin d'espace pour exister, elle est ici toute acquise au huit clos.

Pourtant, il s'agit des mêmes mouvements de caméra, du même montage, des mêmes fautes de goût, mais avec un sens de l'épure, de l'essentiel. Deux plans pour croquer un personnage, trois pour poser son univers et un générique affolant pour raconter son histoire. Son duel à distance entre un Denzel Washington impérial et un John Travolta en roue libre tient alors du tour de force, de ces moments de cinéma qui vous chatouillent la fameuse échine. Malheureusement, ou logiquement, ce ressenti ne peut exister que s'il est éphémère, ponctuel.  Ainsi, dès lors que le film retourne sur les rails du simple blockbuster d'action, Tony Scott  redevient le technicien que l'on aime détester. C'est ce que vous vouliez entendre, l'honneur est sauf ?

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