Critique : Vengeance

Stéphane Argentin | 17 mai 2009
Stéphane Argentin | 17 mai 2009
L'annonce d'un long-métrage réunissant Johnnie To et Johnny Hallyday avait de quoi surprendre. Un sentiment renforcé par la sélection du film en compétition officielle au 62ème festival de Cannes. La rencontre entre le maître actuel du polar hongkongais et la star du rock français était-elle à ce point digne du tapis rouge de la croisette ?

Oui le temps de la montée des marches. Non à leur descente 1h50 plus tard. En effet, l'entrée en matière ne dépareille pas dans la filmographie de To et les connaisseurs de longue date seront en terrain connu lors des différents passages obligés qui ont fait la réputation du cinéaste (affrontements dans des ruelles, des immeubles ou au beau milieu de grands espaces à ciel ouvert, action qui suspend son vol, scènes de repas...). À la table des convives habituels de To (Simon Yam, Lam Suet, Anthony Wong...), le « blanc » venu venger le massacre des siens cuisine plutôt bien.

Tout du moins lorsqu'il se rappelle du menu et limite son temps de parole à quelques brèves répliques, en anglais puisque le chef en question (Hallyday incarne un cuistot français) ne parle pas un mot de cantonnais. En revanche, à mesure que le dessert approche, à savoir l'inévitable confrontation finale le tout moyennant quelques ingrédients scénaristiques bien fades, le menu en question commence sérieusement à moisir, tout juste sauvé de l'indigestion par la caméra de To qui filme comme toujours au millimètre des gunfights chorégraphiés avec le même soin que d'ordinaire.

Sitôt la cerise au sommet du gâteau englouti (une ultime réplique de Hallyday digne d'une série B), c'est l'heure de l'addition. Et celle-ci s'avère plutôt salée car si la vengeance est un plat qui se mange froid, celle concoctée par ces deux Johnny là aurait plutôt un goût bien tiédasse. Il ne sera alors pas exclu de lui préférer la bouillabaisse d'un autre cuistot : celle de Steven Seagal dans Piège en haute mer tant Vengeance apparaît comme un divertissement mineur dans la carrière du très prolifique et bien plus capable Johnnie To.

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