Anges et démons : Critique

Vincent Julé | 7 mai 2009
Vincent Julé | 7 mai 2009

Da Vinci Code est un roman de gare, l'un des plus emblématiques et peut-être l'un des pires. Son adaptation cinématographique ne pouvait être que, au choix, un nanar intégral ou un plaisir coupable. La majorité s'est rangée dans la première catégorie ne croyant pas à la visité guidée de Ron Howard ou à Audrey Tautou marchant sur l'eau. Certains pourtant se sont pris à entrevoir dans le sillon laissé par Tom Hanks et sa bonhomie, un ersatz maladroit mais attachant des jeux Les Chevaliers de Baphomet et Gabriel Knight. De quoi attendre la préquelle devenue suite Anges & Démons.

 

Que les plus anxieux se rassurent, Tom Hanks a arrêté de jouer au Nicolas Cage et a coupé les cheveux de sa moumoute. Il n'en reste pas moins qu'il est toujours ce drôle de héros qu'est Robert Langdon, présenté comme l'homme de la situation mais jamais plus impliqué que ça. Cette distanciation lui confère une sympathie immédiate, ainsi que la complicité du spectateur qu'il garde grâce à des répliques bien senties ou des clins d'œil à peine masqués. Comme pour rappeler que ce qui se joue à l'écran n'est pas très sérieux. D'ailleurs, l'histoire revoit ses ambitions à la baisse, puisqu'il n'est plus question d'une quête de la vérité comme dans Da Vinci Code, mais d'une course contre la montre.

 

 

Une poignée d'heures, quatre Cardinaux kidnappés, une bombe d'anti-matière sur le point d'exploser... il suffit alors que le terme « nuclear device » soit prononcé deux fois pour que l'on se croit dans 24 heures chrono. Tom Hanks devient Jack Bauer, à la différence qu'il réfléchit avant de tirer... et finalement ne tire pas. S'il n'évite pas les répétitions inhérentes au jeu de piste, Anges & démons se révèle de fait diablement bien troussé. N'ayant pu, contrairement au Louvre, filmer au Vatican, Ron Howard a recours à de nombreux fonds verts, qui enlaidissent beaucoup de scènes mais donnent aussi une plus grande fluidité et une meilleure lisibilité à sa mise en scène. La présence de David Koepp au scénario, venu épaulé Akiva Goldsman, ne doit pas y être pour rien non plus.

 

 

Que dire alors de l'absence d'Audrey Tautou ? Déjà merci, mais aussi que sa remplaçante Ayelet Zurer réussit, entre charme et discrétion, à nous faire croire qu'elle est aussi calée en science qu'en religion. Cette opposition est d'ailleurs tout l'enjeu d'un film plus iconoclaste que jamais, où le personnage d'Ewan McGregor a une place de choix. Disons-le tout net, il est juste génial en catholique modéré qui vous donne autant envie de prendre des cours de catéchisme que d'hélicoptère. 

 

Résumé

Il faut voir le film pour saisir cette dernière allusion et se rendre compte que Ron Howard et Tom Hanks ont tout compris à Dan Brown et au cinéma. Bien sûr que ces deux-là n'ont rien en commun, et a priori rien à faire ensemble, mais en poussant un peu, on obtient au pire Da Vinci Code, et au mieux Anges & démons.

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